Monde

La libération de Florence Cassez critiquée au Mexique

France Ortelli, mis à jour le 24.01.2013 à 16 h 32

Florence Cassez lors de son «arrestation» le 9 décembre 2005. REUTERS

Florence Cassez lors de son «arrestation» le 9 décembre 2005. REUTERS

Après 7 ans de détention dans une prison mexicaine, Florence Cassez vient de rentrer en France. Mercredi, trois juges sur cinq de la première chambre de la Cour suprême mexicaine ont décidé de la libérer, sans la déclarer coupable ou innocente. Elle réchappe à une condamnation de 60 ans de prison pour enlèvements, délinquance organisée et port d’armes prohibées.

Le Grand Journal, quotidien francophone mexicain, se réjouit de sa libération et propose une synthèse des détails de l’affaire, en démontrant pourquoi «Florence Cassez est innocente et quelle est la vraie affaire qui se cache derrière l’affaire»:

«[…] la réalité c’est que cette affaire s’est transformée en véritable cauchemar politico-mafieux-diplomatique. Mais que se cache-t-il derrière ce que la France qualifie de “déni de justice” et qui s’apparente vraisemblablement à une affaire de vengeance?»

Florence Cassez aurait donc été victime de manipulations diverses, de tortures, de preuves falsifiées, de témoignages inventés, d’injustice.

Mais d'autres médias mexicains sont divisés sur cette libération qui prive la justice mexicaine de prononcer une sentence.

Dans une tribune écrite par le journaliste Jorge Fernández Menéndez dans le quotidien Excelsior, même si des irrégularités dans son procès ont été démontrées et prouvées, Florence Cassez aurait dû être rejugée au Mexique:

«Ce qu’il aurait été correct de faire, dans ce cas, était d'éliminer les preuves qui n’étaient pas décisives (…) pour établir sa culpabilité, pour, à partir de là, faire un nouveau procès, pour décider ou non si Florence devait rester en prison.»

Le journaliste dénonce l’extrême médiatisation qu’a pris ce procès en France:

«Le cas Cassez a échappé de l’orbite judiciaire, à partir du moment où il a fait l'objet de débats à la télévision: depuis que le président Sarkozy est intervenu directement pour réclamer sa liberté en pleine visite d'Etat, depuis la mise en place d’une stratégie médiatique pour la libérer, le plaçant dans un traitement excessif de la part des médias, sur un pied d'égalité avec Ingrid Betancourt [...]»

Mêmes accusations envers Sarkozy du côté de La Opinion:

«L’affaire Florence Cassez a été contaminée et a conduit à une crise diplomatique à partir du moment où le gouvernement Sarkozy l’a introduit dans son agenda bilatéral comme facteur de pression sur le gouvernement du président Felipe Calderon. Le cas s’est encore plus embrouillé avec l'intervention de l'épouse de Sarkozy, Carla Bruni, en faveur de Florence Cassez. L’intention de la France n'était pas de faire appliquer le principe de sécurité juridique, mais d'exiger sa déportation à Paris pour y appliquer une législation pénale tiède et la libérer.»

Comme le rappelle El Universal, dans ce procès c'est aussi toute la societé qui s'«est érigée en juge et a défini son opinion sur son innocence ou sa culpabilité». Sur les réseaux sociaux, et notamment sur Twitter, beaucoup ont réagi en défaveur de la libération de Florence Cassez, à l'aide du hashtag (mot-dièse) #CasoCassez:

 

«Le Mexique donne à nouveau un traitement spécial à un étranger. Il envoie un message terrible aux Mexicains en quête de justice dans le système.»

 

«Je ne comprends pas pourquoi autant d'indulgence envers cette femme, juste parce qu’elle est étrangère? Cela ne la rend pas moins criminelle.»

France Ortelli
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