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Spotted: les pages Facebook pour pécho à la fac

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 23.01.2013 à 10 h 27

Un étudiant dans un amphithéâtre de l'université de Bordeaux, en 2006. REUTERS/Régis Duvignau

Un étudiant dans un amphithéâtre de l'université de Bordeaux, en 2006. REUTERS/Régis Duvignau

Anonymat, amphis bondés et emplois du temps erratiques, la fac n’est pas toujours le lieu idéal pour draguer. C’est pour remédier à ce risque de misère sexuelle et affective en milieu universitaire que les pages Spotted essaiment sur Facebook depuis le début de l’année 2013.

Spotted signifie «repéré» en anglais. Le principe est simple, comme en témoigne ce mode d’emploi de la page Spotted de l’université Lyon III:

«Tu l'as croisé(e) à la BU, au restau U, dans les couloirs en amphi? On t'aide à retrouver cette personne! Envoie-nous ta déclaration par Inbox ou à l'adresse [email protected] et on se charge de la publier ici, de façon anonyme.»

On avoue ainsi sa flamme sur le «mur» de la page Facebook. Comptes Twitter et Tumblr commencent à se développer pour relayer les messages. On peut donc rester anonyme ou choisir de s'identifier.

La seule bibliothèque de Sussex university en Angleterre compte 3.426 likes d’étudiants sur sa page Spotted. La Belgique est aussi touchée par le phénomène. A Dublin, plus de 34.000 personnes suivent la page Spotted consacrée aux rencontres dans les bus de la capitale irlandaise.

En France, on compte déjà 4.944 likes pour Lyon 3, 951 pour Paris Dauphine, 1.300 pour Sciences Po Paris et 288 amis pour la Catho à Lille.

Sur les campus lyonnais, «les pages sont encore toutes fraîches sur Facebook, datant seulement de quelques jours», écrit Le Progrès.

Spotted est la version campus et connectée des pages du courrier intime de Libération, rappelle Le Progrès, quand on envoyait au quotidien un lieu, une date et une description de la personne croisée en espérant la revoir... Les plus jeunes le compareront plutôt au site Croisé dans le métro qui, dans les transports franciliens, permet de laisser un petit message à un(e) inconnu(e) qui depuis cette panne de métro nous empêche de trouver le sommeil.

Certains messages sont attendrissants («Au ravissant jeune homme que j’ai croisé en novembre à l’infirmerie, blond, grand, en L3 de LEA espagnol me semble-t-il: j’espère que ta jambe va mieux et que tu te souviendras, j’en doute, de moi.») D’autres manient l’humour, l’auteur espérant sans doute se faire remarquer de sa «cible» en utilisant un ton beaucoup plus direct.

«Je ne connais rien de toi, mais je connais un texte qui, je l’espère, te fera comprendre l’étendue de mes sentiments.

“Je fais mal mais je fais jouir, si tu vois c’que j’veux dire

Lâches moi ton Phone-Tel

J’n’ai pas le temps de parler

Jolie gueule, joli boule,

Toi et oim, ce s’rait cool,

Toujours dans les grosses caisses de Ouf”

Booba.

Trêve de jolies paroles, viens me prendre dans les toilettes”»

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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