Au Liban, les réfugiés syriens payent un loyer pour habiter dans les camps

Des enfants syriens dans le camp de réfugiés de Boynuyogun à la frontière turco-syrienne le 9 février 2012, REUTERS/Murad Sezer

Dans la plaine de Bekaa, à l'est du Liban, les réfugiés doivent payer pour s'installer, révèle un reportage pour le site France24. A Dar Hamieh, les propriétaires libanais des champs ont séparé leurs terrains en parcelles de cinq mètres sur cinq, qu'ils louent 75 euros tous les six mois. Dans certains camps, les prix montent jusqu'à 150 euros.

La vie y est drastique, raconte France 24. Les abris sont payés et construits par les réfugiés, qui dorment à même le sol. Selon l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés, les conditions de vies se sont empirées avec l'arrivée de l'hiver: la température avoisine zéro degré et certaines parcelles ont été inondées.

L'exploitation de cette misère par les propriétaires des champs est due à l'inaction du gouvernement libanais, qui n'a prévu aucune infrastructure pour les réfugiés. Kamal Sioufi, président du centre des migrants de Caritas International, la seule ONG présente sur place, explique à France24 que «ce sont les Etats qui doivent s'en charger. Contrairement à la Turquie et à la Jordanie, le Liban ne fait rien. Cela encourage les Libanais à tirer profit des besoins des Syriens».

Le pays craint que le conflit syrien n'atteigne son territoire. Le 3 janvier dernier, le gouvernement libanais a pourtant adopté un programme d'aide aux réfugiés et demandé une aide d'un montant de 180 millions de dollars à la communauté internationale, note Reuters. «L’Etat libanais recensera les réfugiés [...] et garantira aide et protection aux réfugiés déjà présents au Liban», affirme au site Wael Abou Faour, le ministre des Affaires sociales. Pour l'instant, les réfugiés sont recueillis par d'autres Syriens ou forcés de s'installer dans des camps.

Plus de 212.000 réfugiés syriens sont présents au Liban, note l'Agence des Nations unies pour les réfugiés. Depuis le soulèvement contre le président Bachar el-Assad en mars 2011, trois mois après le début du Printemps arabe, ils sont 600.000 à avoir fuit les combats. Selon Challenges, la moitié d'entre eux sont des enfants.