Merkel encourage les Allemands à apprendre le français

un dictionnaire allemand/français.

A l'occasion de la célébration des 50 ans du traité de l'Elysée, signé le 22 janvier 1963 par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer, la chancelière allemande Angela Merkel a fait part de son désir de voir plus d'Allemands apprendre le français dans le message vidéo qu'elle adresse chaque semaine à ses concitoyens, mis en ligne samedi 19 janvier sur son site officiel:

«Beaucoup de jeunes ont aujourd'hui un accès très facile au monde; tout comme à de nombreux pays européens. Et ce n'est plus une évidence de considérer que les échanges entre jeunes Allemands et jeunes Français sont si importants.

Le plus important, c'est que nous sachions parler ces langues. Je crois qu'on ne peut pas se sentir à l'aise dans les deux pays ou bien les comprendre lorsqu'on ne parle pas la langue. Cela signifie donc qu'il faut faire beaucoup d'efforts afin qu'on apprenne l'allemand en France et le français en Allemagne; ce qui n'est d'ailleurs pas si facile, car l'anglais est bien sûr une langue très dominante à travers le monde.»

Comme le rappelle l'hebdomadaire Der Spiegel, moins de trois jeunes Allemands sur dix apprennent le français à l'école, soit 27,3% des élèves en 2010. Le français est concurrencé certes par l'anglais, mais aussi par le latin, l'espagnol, le russe et le chinois.

Le nombre d'élèves allemands qui apprennent le français a d'ailleurs particulièrement chuté ces dernières années, comme le souligne le site de la chaîne d'informations internationale Deutsche Welle:

«A l'école primaire, 143.834 enfants apprenaient le français en 2007. En 2011, ce chiffre est tombé à 122.655 élèves. […] 1.758.545 élèves âgés entre 10 et 16 ans s'intéressaient encore au français en 2007, et ils n'étaient plus que 1.526.174 en 2011.»

Côté français, on observe le même manque d’engouement pour la langue de Goethe depuis de nombreuses années. Comme l'indiquait Le Figaro il y a quelques mois, seuls 22% des élèves du secondaire apprennent encore l'allemand.

Au-delà de la relation franco-allemande, Angela Merkel a également mis l'accent sur «l'affreux chômage des jeunes» en Europe, problème qu'elle dit vouloir résoudre ces prochaines années:

«C'est pourquoi je considère que mon principal devoir est de faire tout mon possible pour donner à nouveau des opportunités aux jeunes gens en Europe, parce que sinon ils ne considèreront plus l'Europe comme leur patrie.»