Voyage dans le QG oublié d'Hitler dans l'Aisne

un bunker du W2 / TCY via Wikimedia Commons

Le quotidien régional L’Union consacre ce dimanche un très intéressant dossier au «QG oublié d’Hitler», le W2 (pour «Wolfsschlucht 2», «ravin du loup 2»), à Margival (Aisne), au nord de Soissons. «Un lieu incroyable, unique en Europe et pourtant très peu connu, […] construit entre 1942 et 1944 par 22.000 ouvriers» sur près de 90 hectares, avec une quarantaine de bunkers, un chalet et une… piscine (surnommée «la piscine d’Eva Braun»). Et qui constitue le «seul quartier général d'Hitler encore intact aujourd'hui».

Le lieu aurait été choisi par le Führer afin d’être près de l’Angleterre en vue d’une éventuelle invasion, et aussi car il avait été blessé dans la région durant la Première Guerre mondiale. Mais, explique L’Union dans un autre article, il ne s’est rendu sur place qu’une seule fois, le 17 juin 1944, pour faire le point avec Rommel sur les combats en Normandie.

Après la guerre, les lieux ont été occupés par l’Otan jusqu’en 1967 («Ce lieu était prévu pour accueillir l'état-major de l'Ouest en cas de Troisième Guerre mondiale», écrit L’Union) puis par l’armée française jusque dans les années 90, avant d’être abandonné —il est aujourd’hui propriété de trois villages.

Une association créée en 2007, ASW2, se bat pour sauvegarder le site, dont L’Union notait déjà, en juin 2011, qu’il présente des «perspectives de développement touristiques […] immenses» nécessitant «la volonté de la puissance publique». «Depuis que l'armée française a cédé le site aux communes dans les années 1990, il est livré au pillage, indiquait en août 2010 aux Echos Didier Ledé, le président d'ASW2. Cette situation est insupportable. Ce lieu de mémoire a joué un rôle crucial à la fin de la guerre.»

Ces dernières années, plusieurs autres médias se sont intéressés à ce site. En juin 2010, Le Point décrivait par exemple comment la visite qu’y a effectuée Hitler est tombée dans l’oubli:

«On connaissait son séjour à Paris et à Rethondes, les 24 et 25 juin 1940. On connaissait la fameuse entrevue de Montoire avec Pétain en octobre. L'Histoire, par contre, a enfoui ce troisième séjour de Hitler en France.»

L'hebdomadaire rappelait par ailleurs que, le 26 août 1944, Hitler y fit parvenir un ordre de lancer tous les missiles V1 et V2 sur Paris (souvenez-vous, Paris brûle-t-il?...). Comme l’expliquait Le Courrier Picard en septembre dernier, il était formulé comme suit:

«Toutes les rampes d’armes "V" du Pas-de-Calais, du Nord et de Belgique doivent déverser sur Paris un déluge de feu.»

L'ordre ne fut pas transmis par l’officier sur place, le général Speidel, attaché militaire à Paris de 1933 à 1935, et la capitale fut sauvée.

Les traces architecturales du passé d'Hitler ressurgissent régulièrement dans la presse: ces dernières années ont été notamment évoquées la volonté de la Pologne de restaurer le QG polonais d'Hitler, le projet «Germania» visant à faire de Berlin la capitale du monde ou encore le Deutsche Stadion, le projet de construction du plus grand stade du monde.

Photo: un bunker du W2 / TCY via Wikimedia Commons
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Publié le 20/01/2013
Mis à jour le 20/01/2013 à 15h35