Il est interdit de partager sur Internet le «I Have a Dream» de Martin Luther King

Martin Luther King, le 28 août 1963, à Washington (Fight for the Future).

Ce lundi 21 janvier, c’est le Martin Luther King, Jr. Day, le jour où les Etats-Unis célèbrent la mémoire du combattant des droits civiques. Un événement qui va prendre un relief particulier cette année puisque Barack Obama va, sur les marches du Capitole, prêter serment pour un second mandat sur la Bible de King.

Mais il est un hommage que ses admirateurs ne pourront pas lui rendre, c’est celui de réutiliser librement son célèbre discours «I Have a Dream», prononcé le 28 août 1963 sur les marches du Lincoln Memorial de Washington: celui-ci est en effet sous copyright, les droits appartenant aux héritiers de King, qui en ont confié l’administration à la société britannique EMI Publishing, aujourd'hui propriété de Sony.

Vendredi, une vidéo du discours était mise en ligne sur Vimeo par le groupe Fight for the Future en l’honneur du Internet Freedom Day, une journée célébrant le premier anniversaire du blackout de l'Internet américain décidé l'an dernier pour lutter contre les projets Stop Online Piracy Act (SOPA) et Protect IP Act (PIPA), depuis suspendus.

Comme l’explique le site Digital Trends, le groupe, qui incitait les utilisateurs à partager la vidéo dans un «petit acte de désobéissance civile», a ensuite été informé qu'elle violait les conditions d’utilisation et qu’elle avait été retirée.

Un autre utilisateur, Screenhugger, l'a repostée en signe de solidarité.

Comme le rappelle Mashable, EMI a déjà obtenu dans le passé à plusieurs reprises le retrait de la vidéo de YouTube. Dimanche 20 janvier au matin, une vidéo du discours postée par Fight for the Future était cependant disponible sur la plate-forme de Google. Vice note par ailleurs que, pour regarder la vidéo de manière légale, il faut acheter un DVD à 20 dollars disponible sur le site du King Center.

«Je ne vois pas qui peut vouloir vivre dans un monde où quelque chose d’aussi inspirant et éducatif que le discours du Dr. King ne peut être partagé», a expliqué Tiffany Chen, cofondatrice de Fight for the Future, à Digital Trends.

«A cause du copyright sur le discours de MLK, si SOPA était passée, vous auriez pu aller en prison pour avoir posté cette vidéo», a déclaré Holmes Wilson, un autre cadre de Fight for the Future, à CBS News. Contactés par plusieurs sites américains, ni Vimeo ni EMI n’ont commenté l’affaire.

Dans un article intitulé «Pourquoi tweeter "I Have a Dream" constitue maintenant un acte de désobéissance civile», Slate, de son côté, estime que cette polémique est la preuve que «la législation sur le copyright doit changer» car «non seulement elle échoue à satisfaire son objectif constitutionnel privilégié —promouvoir les progrès de la connaissance et des arts— mais elle l’entrave même et réduit souvent au silence d’importants discours». Le journaliste Marvin Ammori suggère par exemple de réduire les durées de protection du droit d’auteur.

En guise de conclusion, Mashable cite les propos de Martin Luther King lui-même:

«Il n’existe pas seulement une responsabilité légale mais aussi morale d’obéir aux lois justes. De la même manière, il existe une responsabilité morale de désobéir à des lois injustes.»

Photo: Martin Luther King, le 28 août 1963, à Washington (Fight for the Future).
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Publié le 20/01/2013
Mis à jour le 20/01/2013 à 10h32