Dix choses à savoir sur la seconde investiture de Barack Obama

Barack Obama prête serment à la Maison Blanche, le 20 janvier 2013. REUTERS/Larry Downing.

Réélu président des Etats-Unis pour quatre ans face à Mitt Romney en novembre, Barack Obama prête serment pour un second mandat, dimanche 20 et lundi 21 janvier. Graves ou futiles, voici dix choses à savoir sur cette seconde investiture.

1. Elle a lieu sur deux jours

Ratifié en 1933, le 20e amendement à la Constitution américaine dispose que le mandat du président des Etats-Unis prend fin à midi le 20 janvier qui suit l'élection présidentielle. Barack Obama a donc prêté officiellement serment pour un second mandat dimanche, lors d'une cérémonie privée —quoique télévisée— à la Maison Blanche.

Mais la tradition veut par ailleurs que la cérémonie publique et le discours inaugural soient reportés au lundi quand le 20 janvier tombe un dimanche. Obama va donc devenir le septième président des Etats-Unis à prononcer un discours inaugural un lundi. Son discours coïncidera par ailleurs avec le Martin Luther King, Jr. Day, qui célèbre la mémoire du héros des droits civiques.

2. Il y aura (encore) deux prestations de serment

Obama a donc prêté serment dimanche dans la Blue Room de la Maison Blanche, et récidivera lundi au Capitole. Lui et le président de la Cour suprême, le conservateur John Roberts, sont habitués à ce genre de bizarrerie: en 2009, Obama avait prêté serment en public le 20, puis à la Maison Blanche le 21, car les deux hommes avaient commis une erreur sur la formule rituelle la première fois et que le nouveau président ne voulait pas prendre de risque juridique.

Selon l'agence Reuters, Obama et Roberts avaient échangé ces dernières semaines une copie de la formule de prestation de serment, afin d'éviter toute erreur. Au final, comme l'a noté la correspondante de Radio France aux Etats-Unis Fabienne Sintes, Obama aura donc prêté serment quatre fois, autant que Franklin D. Roosevelt... qui lui avait été élu quatre fois.

3. Des Américains «ordinaires» seront mis en vedette...

Comme il le fait souvent ces derniers temps (par exemple au moment des récentes négociations budgétaires), Obama a choisi de mettre en avant des Américains «ordinaires» en les nommant «coprésidents» de la cérémonie d'investiture.

Ils sont au nombre de huit: parmi eux, Ida Edwards, une infirmière à la retraite qui a vécu le mouvement des droits civiques, Erica Chain, une jeune femme atteinte d'une tumeur au cerveau qui a pu se soigner grâce à la réforme de la santé («Obamacare»), ou encore Kenyetta Jones, une ouvrière de General Motors, entreprise symbole du renflouement de l'industrie automobile par l'Etat.

4. ... et les Bush seront absents

Des quatre anciens présidents des Etats-Unis encore en vie, seuls les démocrates Jimmy Carter et Bill Clinton seront présents à la cérémonie d'investiture. Comme l'a révélé ABC News, George W. Bush a décliné l'invitation en arguant de l'état de santé de son père George H. W. Bush, âgé de 88 ans et qui vient d'être hospitalisé deux mois pour une bronchite. La chaîne américaine rappelle que les absences d'anciens présidents à ces cérémonies sont assez fréquentes.

5. Le discours pourrait rappeler celui de 2009

Si l'enthousiasme de la première investiture d'Obama est retombé, la seconde pourrait la rappeler sur un point: le discours présidentiel. Le journal USA Today souligne en effet que «les présidents réélus ont utilisé leur seconde investiture pour réaffirmer les buts qu'ils avaient fixés pour leur premier mandat».

Mais il rappelle aussi que, à l'exception de Lincoln en 1865 (qui s'était promis, un mois avant son assassinat, de «panser les plaies de la nation») et Franklin D. Roosevelt en 1937 («Je vois un tiers de cette nation mal logé, mal vêtu, mal nourri»), ces seconds discours sont généralement peu mémorables.  En attendant, si vous voulez vous essayer à l'exercice, le New York Times et le Washington Post vous proposent d'élaborer votre propre discours d'investiture.

6. Le coût de la cérémonie fait polémique

Le débat sur le coût de la seconde cérémonie d'investiture a commencé à peine Obama réélu: mi-novembre, la NPR s'interrogeait ainsi sur le montant des festivités, qui avait par exemple atteint près de 160 millions de dollars pour George W. Bush en 2005 et 170 millions pour Obama en 2009.

Contrairement à la première fois, Obama a autorisé qu'une partie du coût soit assuré par des donations d'entreprises: selon The Daily Beast, le géant pétrolier ExxonMobil, par exemple, a versé de l'argent.

7. Il y aura des stars de la pop...

L'Associated Press citait il y a une semaine quelques-uns des noms de la musique qui se produiront lors des évènements associés au week-end d'investiture: Katy Perry, Smokey Robinson, Usher, Alicia Keys, Stevie Wonder, John Legend... Le nombre de bals a cependant été nettement réduit par rapport à certaines années, où il y en avait dix.

Beyonce, Kelly Clarkson et James Taylor joueront eux carrément lundi sur le Capitole lors de la cérémonie proprement dite.

8. ... et du «champagne»

Que serait une cérémonie officielle sans bulles? Le menu des festivités a pourtant failli provoquer un incident diplomatique: sur celui élaboré par le comité d'organisation, il est en effet précisé que sera servi du champagne de Californie. Le Champagne Bureau, un lobby washingtonien chargé de la promotion du champagne français, a protesté en déclarant que le vrai champagne ne pouvait venir que de la région éponyme.

9. Barack Obama a vieilli...

C'est un truisme de le dire: le chef de la première puissance mondiale a quatre ans et quelques cheveux blancs de plus qu'au début de sa présidence. Pour visualiser cela avant de le voir au Capitole lundi, rien de tel qu'une comparaison de ses deux portraits officiels —et, pour comprendre en longueur pourquoi il s'est fait des cheveux blancs, que la lecture du long article consacré à son premier mandat par le New York Times, qui a interrogé ses plus proches conseillers (David Axelrod, Rahm Emanuel, Valerie Jarrett...).

10. ... et préside un pays toujours profondément divisé

51,1%: c'était le score final d'Obama en novembre, selon les résultats définitifs. 51%: c'est la proportion d'Américains qui lui accordent leur confiance, selon un récent sondage pour CBS News et le New York Times.

9 Démocrates sur 10 approuvent la politique du président américain et 8 Républicains sur 10 la désapprouvent. En revanche, le président paraît en position de force face au Congrès, dont l'attitude est désapprouvée par... 82% des Américains, notamment, mais pas seulement, en raison de l'attitude de la majorité républicaine à la Chambre des représentants.

Jean-Marie Pottier

Article actualisé le 20 janvier 2013 à 18h15 avec la première prestation de serment d'Obama.

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