Guerre au Mali: les Allemands ne doivent pas laisser tomber la France

des militaires français traversent la ville de Konobougou, au Mali, le 17 janvier 2013. REUTERS/Joe Penney.

La réserve du gouvernement Merkel vis-à-vis de l'offensive militaire lancée par la France au Mali —pour l'instant, il ne consent qu'à envoyer deux de ses 60 Transall à Bamako, des avions qui peuvent chacun transporter 90 hommes— a été globalement peu critiquée par la presse outre-Rhin ces derniers jours. L'attitude de l'Allemagne est en effet sans surprise, en adéquation avec la prudence qu'elle observe à de rares exceptions près (comme au Kosovo et en Afghanistan) sur le plan militaire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Cela n'a tout de même pas empêché quelques voix de s'élever contre cette attitude tout en retenue dans les colonnes des grands quotidiens cette semaine. À l'instar de celle de Klaus Naumann, ex-inspecteur général de la Bundeswehr, l'armée allemande, qui plaide pour une intervention militaire de l'Allemagne aux côtés de la France au Mali dans une interview au quotidien conservateur Die Welt:

«L'Allemagne ne peut et ne doit pas laisser tomber la France. Et l'Union européenne toute entière ne peut rester spectatrice si le nord de l'Afrique est en passe d'être déstabilisé. Si une intervention de l'UE devait s'avérer nécessaire, à ce moment-là, l'Allemagne aura le devoir d'être au côté de ses partenaires. À ce moment-là, on ne doit pas non plus être les premiers à dire tout ce qu'on ne fera pas —ce qui a malheureusement été une fois de plus la première déclaration de Berlin.»

L'hebomadaire Die Zeit dénonce également la réaction timorée de Berlin:

«Autrefois, Schröder et Chirac marchaient côte à côte. La guerre en Irak était d'ailleurs une affaire américaine, pas européenne. Aujourd'hui, il est question des intérêts de l'Europe, mais Berlin laisse les Français faire seuls le sale boulot. Ce qui a en fait pour conséquence de placer la France dans le collimateur des terroristes.»

Une position partagée par la journaliste Katrin Gänsler, spécialiste du Mali, qui signe un éditorial «pro-intervention» dans le quotidien de gauche Die Tageszeitung:

«L'intervention de soldats allemands et d'autres forces combattantes européennes signifierait pour le Mali et l'ensemble de cette région du monde: nous vous prenons au sérieux, vous, vos soucis et vos besoins! Nous ne parlons plus de démocratie, de nobles intentions et de procès politiques. Non, nous sommes prêts à nous salir les mains et ne baissons pas les bras quand cela devient concret.»

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