Quand George Bush père lâchait la NRA

George H.W Bush, 41e président des Etats-unis. POTUS Domaine public.

Dans le collimateur après les récentes fusillades meurtrières (dont Sandy Hook) qui ont eu lieu aux Etats-Unis, la National Rifle Association (NRA) campe toujours sur ses positions: le libre commerce des armes à feu n'a rien à voir avec ces drames (le spot mis en ligne mercredi et mettant en cause les filles d'Obama en est le dernier exemple).

L'association, créée en 1871, est traditionnellement soutenue par les Républicains. Néanmoins, au cours des vingt dernières années, de nombreux membres modérés du Grand Old Party ont ainsi fait part de leur désaccord avec la politique menée par Wayne LaPierre notamment, actuel vice-président exécutif de l'oganisation qui compterait 4 millions de membres.

A commencer par George H. Bush en personne. Dans une lettre datée du 11 mars 1995 visible sur le site du New York Times, l'ancien président américain, fervent défenseur du port d'armes et membre de la NRA, s'était montré outragé des propos tenus par le même Wayne LaPierre sur une fusillade dans un établissement fédéral d'Oklahoma City faisant plus de 168 morts, dont de nombreux agents du Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives, en charge de réprimer les infractions sur le contrôle des armes.

Le vice-président exécutif de la NRA avait alors tenté de justifier cette attaque en comparant les agents fédéraux à des nazis de par leur uniforme, les accusant en plus d’être des «voyous» qui veulent attaquer «des citoyens respectueux de la loi».

Se disant «profondément offensé» par de tels propos, le président républicain avait demandé le retrait immédiat de son nom sur la liste des membres de l'association: 

«Vous n’avez pas réfuté les propos infondés de M. LaPierre. Je renonce donc à mon statut de membre à vie au sein de la NRA, cette démission entrant en vigueur dès réception de la présente lettre. Veuillez s’il vous plaît retirer mon nom de la liste de vos membres.»

Remise au goût du jour par James Carter, fils de Jimmy Carter, sur son compte Twitter, la fameuse lettre a été retweetée plus de 1.500 fois. Objectif: envoyer un message fort aux Républicains, en majorité au Congrès et opposés à toute réforme du port d'armes légale, afin de les inciter à voter pour le projet de loi restreignant le port d'armes dans le pays.

Pour rappel, Barack Obama a annoncé mercredi 16 janvier la mise en place de 23 mesures pour lutter contre la violence par les armes et comprenant notamment l'interdiction des fusils d'assaut.