On a créé la machine à écrire des livres

Livres RLhyde via Flickr CC License by

Dans La Grande Grammatisatrice automatique (nouvelle parue dans Bizarre! Bizarre!), l'écrivain Roald Dahl imaginait une machine capable d'écrire des livres. Mais un conte est un conte, et personne ne pensait qu'une telle machine puisse réellement exister.

Pourtant, elle existe déjà. Un économiste américain, Phil Parker, a mis au point un algorithme capable d'écrire des livres, révèle le site ReadWrite. A l'aide d'un calcul sophistiqué, un ordinateur peut produire un récit ou un manuel en quelques minutes. L'entreprise de Phil Parker, ICON Group International Inc., a ainsi produit plus d'un million de titres, pour la plupart sur des sujets très spécifiques comme l'économie. Sur les 100.000 ouvrages attribués à Parker sur Amazone, note le site SingularityHub, seuls six ont été rédigés à la main. 600.000 autres sont signés par ICON Group International Inc. La plupart sont des manuels, des rapports techniques ou des dictionnaires, rapporte SingularityHub. Mais ils ont été créés par un programme.

Ce n'est pas la première fois qu'une machine écrit un texte. En Russie en 2008, un livre a entièrement été produit par un ordinateur, raconte le St.Petersburg Times. Aux Etats-Unis, certaines sociétés comme Narrative Science ont créé des programmes qui rédigent des compte-rendus sportifs ou des faits divers, rapporte ReadWrite.

Dans une interview donnée à ReadWrite, Phil Parker explique que c'est en travaillant sur des analyses économiques qu'il a réalisé que tout ce qu'il faisait pouvait l'être par un ordinateur. Selon Parker, tous les genres littéraires correspondent à un shéma défini qui peut être automatisé.

«Je n'ai pas créé une nouvelle façon d'écrire. Tout ce que j'ai fait, c'est écrire un programme informatique qui imite ce que les gens écrivent.»

Ce programme est même capable de rédiger des poèmes.

«Shakespeare, ou l'un de ses contemporains, a créé le poème de 14 lignes en langue libre, où le rythme est "a-b, a-b, c-d, c-d, e-f, e-f g-g", g-g étant un couplet à la fin. La ligne 9 doit être un tournant dans le poème, donc il doit y avoir un mot comme "cependant" ou "mais". La première ligne est généralement une question, une sorte de titre. Chaque ligne fait dix syllabes... […] Une fois que vous avez toutes ces règles, vous pouvez écrire un algorithme qui les imite.»

La mise au point de ce programme a mis plusieurs années, explique l'économiste à ReadWrite. L'écriture d'un livre se fait en vingt à trente minutes.

Selon Phil Parker, les auteurs qui produisent un travail original n'ont pas lieu de s'inquiéter. En revanche, ceux qui produisent un «travail stéréotypé» oui. Il explique ainsi que le journaliste de ReadWrite ne pourrait pas être remplacé, puisqu'il produit, en l'interviewant, un travail original.

«Ces deux dernières semaines, il y a eu quelque chose comme dix articles écrits sur ce que j'ai fait, et aucun des journalistes qui les ont rédigés n'est venu me parler. Ils se sont tous copiés les uns les autres. Je pense que c'est une observation intéressante du fait qu'ils utilisent une méthode mécanique pour produire un contenu et le signer de leur nom, alors qu'en réalité, ils ont fait un copier-coller automatique. Ce genre d'article est faible niveau créativité.»

Photo: Livres RLhyde via Flickr CC License by
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Publié le 16/01/2013
Mis à jour le 17/01/2013 à 0h43