Bébés maliens prénommés «Hollande»: un air de déjà-vu

Une femme malienne et sa fille Sayo à Kalana, au sud de Bamako. Crédit : Joe Penney/Reuters

L’intervention française au Mali est apparemment vécue par un bon nombre de Maliens comme un soulagement.

Les médias montrent par exemple des hommes en deux-roues, à  pied, brandissant le drapeau français et scandant le nom du président de la République François Hollande. Certains commerçants bamakois ont même signalé «une pénurie» de drapeaux tricolores, remarque l’AFP.

Fait plus singulier, plusieurs médias locaux ont rapporté mardi 15 janvier que des enfants nés ces derniers jours ont été prénommés «Hollande», du nom du président français, notamment dans le nord du pays, en proie à une occupation terroriste depuis près d’un an.

Cet enthousiasme pour un chef d’Etat français perçu comme un sauveur du fait de ses prises de position et de son action n’est d’ailleurs pas une première. Nicolas Sarkozy, ancien président français et premier chef d’Etat à faire le déplacement dans une Libye libérée du joug de Kadhafi, s’était vu accueillir sous les manifestations de joie d’un millier de Libyens, chantant à tue-tête des «vive Sarkozy» et «merci la France». Dans l’avion du retour, relève Le Parisien, l’ancien chef de l’Etat, se disant «heureux d'avoir résisté aux pressions internationales» qui poussaient à l'immobilisme, avait ainsi fait part de sa fierté lorsqu’une mère de famille libyenne lui avait présenté son bébé prénommé «Sarkozy».

Plus récemment, un couple d’Arméniens avait lui aussi décidé de prénommer son bébé «Sarkozy» pour remercier le président d'avoir adopté une loi pénalisant la négation des génocides, notamment celui des Arméniens par les Turcs en 1915, note Reuters.

«Nous voulions lui donner le prénom de son grand-père, mais nous avons changé d'avis après l'adoption par le parlement français d'une loi sur le génocide et nous lui avons donné un prénom qui honore Nicolas Sarkozy», avait ainsi déclaré le père, Karapet Avetisyan, à une télévision locale.  

Jacques Chirac, en son temps, avait eu le droit au même honneur, mais en double. Un autre couple originaire lui aussi d’Arménie avait décidé d’appeler ses jumeaux «Jacques» et «Chirac» pour le remercier d’avoir reconnu en 2001, au nom de la France, le génocide arménien par les Turcs.

Très apprécié dans le monde arabe, l’ancien président français a même vu l’une des plus grandes artères de Ramallah, en Cisjordanie, porter son nom (ou presque, elle est orthographiée «Jack Chirac»), en remerciement de ses positions souvent perçues comme étant favorables aux Palestiniens.