La Corée du Nord rebaptise son peuple «conquérant de l'espace»

Kim Jong-un célébrant le lancer réussi de son missile Unha 3. Crédit : KCNA KCNA/REUTERS

Le Rodong Sinmun, premier quotidien nord-coréen, est considéré comme l’organe de propagande principal du régime de Kim Jong-un. A juste titre, puisqu’il distille quotidiennement ses positions officielles, explique le Washington Post, exhortant le peuple à «se dévouer pour construire un géant économique brûlant d’enthousiasme patriotique».

Dans un éditorial paru récemment, Rodong Sinmun a innové, remarque le Washington Post, puisque le journal nord-coréen a utilisé, à plusieurs reprises, un terme encore jamais vu pour s’adresser à son peuple: «conquérant de l’espace».

Un nouveau qualificatif non-officiel qui fait suite au lancement soi-disant pacifique d’un missile longue-portée par le pays le 12 décembre 2012, explique le Washington Post, destiné à mettre un satellite en orbite terrestre.

Un premier lancer qui s’est avéré être un échec puisque le satellite, après avoir fait plusieurs fois le tour de la Terre, a sans doute connu un dysfonctionnement provoquant sa perte. Peu importe pour le régime qui en a de suite fait une fierté nationale largement relayée par les médias locaux.

L’ire de la communauté internationale et de nombreux pays ne s’était pas fait attendre, rapporte Le Figaro. Dans un communiqué, le gouvernement de Séoul avait «sévèrement condamné» un acte effectué en «violation des résolutions du Conseil de sécurité» qui interdisent à Pyongyang tout usage de la technologie balistique depuis ses tests nucléaires en 2006 et 2009.

La Maison Blanche et le Pentagone avaient alors immédiatement pris des mesures en dépêchant au large de la péninsule des navires d'interception dotés d'équipement antimissile, détaille Le Figaro.

Kim Jong-un, pressé de se justifier, avait alors répliqué que ce test n’était qu’à but pacifique.

Pourtant, de nombreux observateurs doutent de la véracité des propos du leader nord-coréen et de son intention réelle de lancer un satellite en orbite terrestre, estimant plutôt que ce tir cacherait un test de missile visant à faire progresser son programme militaire. «Je doute que la Corée du Nord ait les capteurs de longue portée lui permettant d'évaluer si le lancement fut un succès», explique ainsi Bruce Bennett, expert à la Rand corporation, dans des propos rapportés par le Figaro.

Une initiative qui rappelle d’ailleurs curieusement une situation déjà vue en 1998 et 2010, souligne le quotidien français, années durant lesquelles la propagande du régime avait alors proclamé à tort avoir mis sur orbite un satellite «chantant les louanges» de la dynastie des Kim dans l'espace.