Le nuage de pollution plus fort que la censure chinoise

Shanghai /Dainis Matisons via Flickr CC License by

Depuis le 12 janvier, les grandes villes du nord et de l'est de la Chine sont sous un épais nuage de pollution, dû, entre autres à la consommation de charbon comme le rappelle Le Figaro. Cette pollution record et inédite a entraîné la publication dans les médias chinois de rapports agressifs et alarmants sur la dégradation de l’air. Pour The New York Times, la colère populaire a réussi à faire reculer la censure et a forcé les responsables du Parti communiste à autoriser la presse à publier des critiques envers le gouvernement.

Déjà, lors du XVIIIe congrès du Parti communiste en novembre, le président sortant Hu Jintao avait abordé le sujet en annonçant que la Chine devait «s'attaquer aux problèmes environnementaux aggravés par un développement rapide».

«Avant même ce Congrès, les médias officiels avaient une certaine latitude pour publier des critiques sur la politique environnementale et enquêter sur la dégradation de l'environnement», contrairement à certains sujets comme le Tibet ou Taiwan, mais pas de façon «aussi profonde», d'après le New York Times.

Dans un article publié sur le blog DealBook du New York Times, le journaliste Bill Bishop écrit:

«De toute évidence, il est impossible de prétendre que l'air n'est pas pollué ou que les risques pour la santé ne sont pas significatifs, alors les autorités de propagande seraient-elles en train de reconnaître la réalité en permettant une couverture médiatique?

Ou y a-t-il quelque chose de plus important qui se passe ici, peut-être que le nouveau gouvernement veut à la fois faire preuve de transparence et de responsabilité mais aussi utiliser cette crise pour amorcer des réformes difficiles vers un modèle de développement plus durable?»

Le nuage de pollution, présent à Pékin et dans d'autres villes chinoises depuis samedi, a atteint un niveau record. Le correspondant du Monde à Pékin explique que la pollution de l'air «pulvérise les normes de l'OMS»:

«Lors des trois jours de smog qui se sont succédé depuis vendredi 11janvier, des pics inégalés, dépassant les 700µg de particules par mètre cube (µg/m3) ont été atteints samedi soir: l'une des stations municipales a indiqué le taux de 993 µg/m3. L'ambassade américaine, elle, dans le nord-est de Pékin, a vu son indice atteindre 886 µg/m3, et 586µg/m3 en moyenne sur vingt-quatre heures, soit 23 fois la norme recommandée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).»

Slate.com indique que dépasser les 300 µg/m3 est considéré comme extrêmement rare aux Etats-Unis et que cela se produit principalement pendant des feux en forêt.