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77% des parents américains pensent que les jeux vidéo «participent à la culture de la violence». Oui mais...

Célésia Barry, mis à jour le 10.01.2013 à 17 h 14

Image promotionnelle du jeu Battlefield 3

Image promotionnelle du jeu Battlefield 3

Selon une étude menée par l'organisation américaine Common Sense Media sur 1.050 parents d'enfants âgés de 18 ans ou moins publiée par le site Mashable, 75% des parents américains désapprouvent la violence à la télévision, au cinéma et dans les jeux vidéo et considèrent que cette violence entretient «la culture américaine de la violence».

L'étude montre également que 88% d'entre eux souhaiteraient que les publicités violentes ne soient pas diffusées entre les programmes regardés par les enfants et 91% voudraient que les publicités diffusées au cinéma aient au maximum le même niveau de violence que le film.

«Les parents sont clairement concernés par la façon dont les médias peuvent influencer leurs enfants, commente James Steryer, le fondateur de Common Sense Media. Notre culture de la violence semble avoir rendu normal le fait qu'en emmenant leurs enfants au cinéma, il y ait un risque qu'ils soient exposés à des contenus inappropriés, comme des jeux vidéo ou des films pour public mature.»

Si la volonté des parents que leurs enfants ne soient pas exposés à des images trop violentes est compréhensible, afin de ne pas choquer les bouts de chou, l'idée selon laquelle les films et plus particulièrement les jeux vidéo violents, rendraient violent est régulièrement contredite.

En octobre 2012, Métro publiait les résultats d'une étude de l'université de Grenoble, selon laquelle l'exposition répétée aux jeux vidéo rendraient violents. Elle montre qu'après avoir joué à un jeu violent, les étudiants avaient plus tendance à voir des comportements violents et que cette tendance s'amplifiait dans le temps.

Or, dans l'Express, le docteur en psychologie Yann Leroux explique que «la seule chose qui ait été démontrée est que les jeux vidéo violents peuvent susciter de l'agressivité dans les 20 minutes qui suivent le jeu».

Toujours dans l'Express, Olivier Mauco, qui mène une thèse sur les politiques du jeu vidéo à la Sorbonne, rappelle que le rapport entre violence et jeux vidéo est «impossible à démontrer, sauf en réalisant une étude sur 20 ans et sur un corpus très important de joueurs».

Loin d'être convaincus, les associations qui luttent contre les jeux vidéo violents, comme Famille de France, souhaitent un contrôle renforcés de leur vente et de la diffusion des trailers et autres extraits, bien que le CSA oblige l'affichage d'avertissements sur les boîtiers de jeux.

De plus, le récent drame de Newtown, et avant lui les meurtres de Mohammed Merah en mars 2012 et le massacre d'Utoya en juillet 2011, a relancé le débat, puisque les trois tueurs étaient de grands amateurs de jeux vidéo. La commune de Southington, à une cinquantaine de kilomètres de Newtown, a même organisé une collecte de jeux vidéos violents après le drame, rapporte le site NBC.

Néanmoins, si Adam Lanza jouait à des jeux vidéo dont certains impliquaient probablement l'utilisation d'armes à feu virtuelles, sa mère possédait également plusieurs armes et emmenait régulièrement son fils s’entraîner au stand de tir. Une explication peut-être plus rationnelle.

 

Célésia Barry
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