Pilules de troisième génération: les médecins prescripteurs visés par l'avocat des victimes

Des pilules contraceptives. A gauche, la Minesse, une pilule de troisième génération / ceridwen via Wikimedia Commons

Rebondissement dans l’affaire des pilules de troisième génération. Me Jean-Christophe Coubris, l’un des deux avocats spécialisés dans la défense des femmes qui estiment être des victimes de ces contraceptifs oestro-progestatifs de troisième génération annonce dans Le Point qu’il va engager une procédure «contre tous les médecins qui ont prescrits ces pilules à ses clientes». Me Coubris assure, selon Le Point, la défense d’une centaine de femmes victimes d’accidents cardiovasculaires qui pourraient être imputés à des prescriptions de pilules contraceptives. 

«Je souhaite engager, le plus rapidement possible, une procédure contre tous les médecins qui ont prescrit ces pilules à mes clientes sans respecter les recommandations officielles. Je suis persuadé que nous pouvons faire condamner des prescripteurs et pas seulement des laboratoires.»

Il faut ici rappeler que la plainte inaugurale visait le directeur général de la multinationale pharmaceutique allemande Bayer et et le directeur général de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Dans le premier cas pour «atteinte involontaire à l’intégrité de la personne humaine»; dans le second pour ne pas avoir, en dépit du «principe de précaution» demandé le retrait d’une pilule contraceptive du marché français.

Des plaintes visant directement des médecins constitueraient une sorte de première. «Ce serait un tournant, tant la responsabilité des médecins de terrain a toujours été épargnée dans les scandales sanitaires ces trente dernières années, écrit Le Point. Le sang contaminé? La faute à Garretta et sa clique. Le Mediator, celle de l’abominable Servier. Comme si dans la première de ces retentissantes affaires, les médecins spécialistes de la collecte et de la transfusion sanguine n’avaient pas existé, ni, dans la dernière, des praticiens qui font maigrir leurs patientes à tout prix.» Le magazine cite d’autre part le médecin-écrivain Martin Winckler (Marc Zaffran) qui ne craint pas de dénoncer «l’incompétence» de certains de ses confrères.

Dans l’affaire du Mediator, Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé, avait tout mis en œuvre pour protéger les médecins potentiellement concernés. Il avait ainsi à plusieurs reprises déclaré que les prescripteurs ne seraient pas les payeurs. Quelle sera désormais, dans cette affaire, la marge de manœuvre politique de Marisol Touraine qui lui a succédé à ce poste? La ministre de la Santé tiendra vendredi 11 janvier une conférence de presse très attendue en présence de Jean-Yves Grall, Directeur général de la santé et du Pr Dominique Maraninchi, Directeur général de l’ANSM. La dernière décision de la ministre a été d’avancer au 1er avril la date (initialement programmée par elle au 30 décembre) à partir de laquelle les pilules de troisième génération ne seront plus remboursées. Marisol Touraine n’a jamais expliqué les raisons précises qui l’avaient conduite à supprimer le remboursement de ces médicaments par l’assurance maladie plutôt que de les retirer du marché français. 

J.-Y. N.

Photo: Des pilules contraceptives. A gauche, la Minesse, une pilule de troisième génération / ceridwen via Wikimedia Commons
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Publié le 10/01/2013
Mis à jour le 10/01/2013 à 15h04