Qui est @JimmyDushku, le seul Américain suivi sur Twitter par la Corée du Nord?

Kim Jong-un saluant à une parade à Pyongyang, le 10/09/2011. REUTERS/KCNA KCNA

Peut-être ne le saviez-vous pas, mais Pyongyong possède un compte sur Twitter, @uriminzok (qui veut dire «notre nation») avec plus de 11.000 followers, déjà 5.288 tweets, mais il semble très difficile pour le commun des mortels d’être suivi par @uriminzok: seulement 3 personnes ont ce privilège. Parmi eux, comme le remarque Mother Jones, un seul est Américain: @JimmyDushku. Mais d’où sort ce type? Et qu’a-t-il fait pour mériter cet honneur?

D'après Mother Jones, ce serait un riche investisseur indépendant de 25 ans, Jimmy Dushku, originaire de Austin, Texas:

«Après avoir démarré une entreprise de développement web à l’age de 14 ans, Dushku a maintenant mis son argent dans des projets de construction en Europe, des résidences au Texas, et l'exploitation minière et agricole au Brésil et au Pérou.»

Dushku se décrit humblement sur son profil Twitter comme «juste un jeune mec qui essaie de rendre le monde meilleur». Après un rapide coup d’œil sur son compte, on découvre par exemple qu’il tweete des photos de lui en train de faire des courses de voiture dans des Lamborghini et qu’il est fan de Coldplay.

D’après l’enquête de Mother Jones, Dushku projetterait en ligne «une image de lui-même plus grande que nature»: il aime voyager en jet privé Falcon 50, jouer du Rachmaninoff sur son piano, conduire sa Ducati Monster, donner des conseils marketing à ses amis et participer à des événements de charité.

Voilà. Mais comment a-t-il réussi à se connecter avec la Corée du Nord? Dans une interview pour Mother Jones, Dushku se rappelle avoir reçu une demande de @uriminzok en 2010 (le compte de la Corée du Nord a effectivement été ouvert en 2010). Dushku a donc décidé tout naturellement de le suivre en retour et a échangé quelques tweets amicaux avec ce compte.

Problème: il s'est fait violemment réprimander par tous ceux qui ont découvert son étrange amitié sur Twitter. D'après Mother Jones:

«Sa boîte de réception a été immédiatement inondée de messages de colère de parfaits inconnus qui le soupçonnaient d'être un sympathisant ou même un agent secret du Parti des travailleurs Coréen. Les menaces de mort, principalement en provenance de Sud-Coréens et d’Américains d’origne coréenne, a dégénéré en des tentatives pour poster son adresse et des renseignements personnels sur des forums tels que 4chan.»

Malgré cela, il semble aujourd’hui plutôt content de cette amitié et des représentants officiels de Corée du Nord lui auraient même proposé de venir visiter le pays, ce qu’il espère faire un jour.

Lundi 7 janvier, un autre Américain, Eric Schmidt, président de Google, est arrivé en Corée du Nord pour ce qui a été qualifié de «mission humanitaire privée». Le département d’Etat américain a néanmoins émis quelques réserves sur cette visite et a annoncé qu'elle n'était pas «particulièrement propice».

Comme le rappelle l'AFP, la Corée du Nord est très en retard et très «verrouillée» en ce qui concerne ses réseaux:

«L'intranet, déjà accessible à très peu, est lui aussi coupé du monde et ne publie que des informations approuvées par le pouvoir. L'Internet véritable est réservé à une super-élite, d'un millier de personnes au plus. Pour 95% de la population, il n'y a ni portable ni intranet.»

Photo: Kim Jong-un saluant à une parade à Pyongyang, le 10/09/2011. REUTERS/KCNA KCNA
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Publié le 10/01/2013
Mis à jour le 10/01/2013 à 12h48