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Vingt ans après sa mort, l'acteur Klaus Kinski accusé d'inceste par une de ses filles

Temps de lecture : 2 min

Klaus Kinski dans «Aguirre, ou la colère de Dieu», de Werner Herzog (1972).
Klaus Kinski dans «Aguirre, ou la colère de Dieu», de Werner Herzog (1972).

Vingt ans après la mort de Klaus Kinski, acteur de légende du cinéma allemand des années 1960 et 1970, resté dans les mémoires à la fois pour son talent et sa personnalité excentrique, sa fille aînée Pola l'accuse d'inceste dans un livre qui paraît ce jeudi 10 janvier en Allemagne, Kindermund («la bouche des enfants»). Dans une interview exclusive donnée à l'hebdomadaire Stern, Pola Kinski, 60 ans, déclare avoir été violée par son père entre 5 et 19 ans.

Née du premier mariage de l'acteur avec la chanteuse Gislinde Kühlbeck, Pola Kinski a trois ans lorsque ses parents se séparent. Elle confie aujourd'hui avoir passé son enfance «dans la peur permanente des accès de colère» de son père. Comme l'écrit Stern:

«Kinski emmenait Pola avec lui à Berlin, à Rome ou à Madrid. Il l'engueulait, la poussait contre le mur, la violait. Ensuite, il la couvrait à nouveau de cadeaux.»

«Il s'offrait un petit objet sexuel qu'il allongeait sur des coussins de soie», résume Pola Kinski, qui explique que son père lui aurait interdit de parler de leurs relations incestueuses à qui que ce soit, tout en lui expliquant que cela serait tout à fait normal, et que «partout dans le monde, les pères feraient ça avec leurs filles», comme le rapporte le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Elle-même devenue actrice, Pola Kinski confie avoir été excédée par les incessants compliments qu'on lui a faits sur son père tout au long de sa vie:

«Je n'en pouvais plus aussi d'entendre ça: "Ton père! Génial! Je l'ai toujours apprécié!" Depuis qu'il est mort, cette déification est devenue pire.»

Si elle n'a jamais accusé son père de viol, sa fille cadette, l'actrice Nastassja Kinski, 51 ans, ne s'est pas non plus fendue de propos tendres à son égard dans la presse, comme le rappelle le quotidien Bild, citant une de ses déclarations récentes à la revue Park Avenue:

«C'est bien que certaines personnes ne soient pas plus longtemps de ce monde. […] Il nous a fait tant de mal.»

Le quotidien Die Welt estime que les faits auraient pu être découverts il y a des années si l'on avait pris la peine de lire entre les lignes de l'autobiographie de l'acteur, parue en 1975 sous le titre Ich bin so wild nach deinem Erdbeermund («Ta bouche de fraise me rend si sauvage»).

Dans ce récit érotique où Klaus Kinski décrit ses relations sexuelles avec une centaine de femmes consentantes, parmi lesquelles un bon nombre de mineures, il raconte sa relation avec une fillette de «peut-être 14 ans» dans les années cinquante, ce qui pourrait être une forme d'aveu selon le quotidien, qui cite un des passages du livre:

«La nymphe gémit d'amour pendant trois jours et trois nuits, et la petite sœur attend patiemment dans la chambre d'à côté, dans l'espoir que vienne son tour.»

Annabelle Georgen Journaliste

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