Life

Un artiste néerlandais échoue à déposer la marque «Allah»

Alexandre Blot Luca, mis à jour le 09.01.2013 à 16 h 07

Le nom de Dieu écrit en arabe sur un mur d'Eski Cami à Edirne, Turquie/Nevit Dilmen/ via Wikimedia Commons

Le nom de Dieu écrit en arabe sur un mur d'Eski Cami à Edirne, Turquie/Nevit Dilmen/ via Wikimedia Commons

Un artiste néerlandais de 32 ans, Teun Castelein, a fait une demande pour le moins saugrenue le 29 décembre dernier auprès de l’Office Benelux de la Propriété Intellectuelle (BOIP), rapporte le site d’informations Dutch news via le quotidien néerlandais The Telegraaph.

Et pour cause: il voulait déposer la marque «Allah», «un nom incroyablement beau», pour 250 euros et ainsi «tester les limites du marché», a-t-il expliqué au quotidien néerlandais. Niant tout désir de provocation, il n'a pas précisé la direction qu'il souhaitait donner à la marque.

Une initiative immédiatement rejetée par le BOIP, basé à La Haye. Si les notifications de refus de l’organisme ne sont pas encore connues et doivent rester confidentielles, il semblerait, selon une enquête de la société néerlandaise de conseil en protection des marques déposées Chiever rapportée par le quotidien luxembourgeois L’Essentiel, que le nom d’Allah «manque de caractère distinctif».

L’artiste, qui s’est dit surpris d’un tel refus auprès du Telegraaph, a fait part de son mécontentement en rappelant que les mots «God» et «Jesus» étaient des marques déposées.

Il a désormais la possibilité de faire appel devant la cour d’appel de Bruxelles, le Gerechtshof de La Haye ou la cour d’appel de Luxembourg, détaille le site du Service public fédéral Economie (léquivalent belge du ministère de l'Economie).

Selon le site officiel du BOIP, qui est l’instance officielle pour l’enregistrement des marques dans le Benelux, le terme propriété intellectuelle désigne «la dénomination commune pour les droits portant sur les créations intellectuelles, telles que les livres, la musique, les marques, les maquettes, les inventions, les logiciels, les textes et les photos».

L’organisme se réserve ainsi le droit de refuser ou non le dépôt d’une marque au motif «qu’une marque doit donc avoir un caractère distinctif, doit pouvoir attirer l'attention du public, et permettre d’informer de quelle entreprise proviennent les produits ou les services», explique le SPF Economie.

Pour Teun Castelein, en revanche, cet argument n’a pas lieu d’être:

«Je ne peux que conclure que, selon le BOIP, les religions ne sont pas égales.»

Alexandre Blot Luca
Alexandre Blot Luca (27 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte