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Abou Ghraib: une entreprise privée verse plus de 5 millions de dollars à des détenus irakiens

Célésia Barry, mis à jour le 09.01.2013 à 14 h 06

Un prisonnier irakien à Abou Ghraib

Un prisonnier irakien à Abou Ghraib

Un peu de justice pour les prisonniers d'Abou Ghraib. La firme privée Engility Holdings Inc. a payé 5,28 millions de dollars à 71 anciens détenus de la prison irakienne d'Abou Ghraib, rapporte le site d'information Al Jazeera. La société américaine était accusée d'avoir participé à la torture des anciens prisonniers, détenus entre 2003 et 2007.

En 2004, des clichés représentants des détenus irakiens torturés à Abou Ghraib sont diffusés dans la presse. Ils font état d'humiliations, de coups et de menaces de la part de soldats de l'armée américaine, qui occupe la prison de Bagdad depuis 2003.

Le scandale est international. Le soldat Charles Graner, considéré comme le meneur des tortures, est condamné en 2005 à dix ans d'emprisonnement par la cour martiale du Texas, rappelle le site Euronews. Sa compagne Lynndie England, elle aussi déclarée coupable, est condamnée la même année à trois ans de prison, relate le Washington Post. Tous deux sont radiés de l'armée américaine. D'autres soldats sont condamnés par la suite.

L'accord entre Engility Holdings Inc. et les détenus est intervenu il y a quelque temps et a été dévoilé dans des documents fournis par l'entreprise à la Securities and Exchange Commission il y a deux mois, mais cela été passé inaperçu. C'est la première fois que des prisonniers d'Abou Ghraib obtiennent une réparation financière dans une affaire de torture, note Al Jazeera.

Le site rapporte également les propos de Baher Azmy, avocat de plusieurs des anciens détenus. Selon lui, les 71 anciens prisonniers ont chacun reçu une part des 5,28 millions de dollars.

«Les entrepreneurs privés militaires ont joué un rôle sérieux mais sous-estimé dans les terribles sévices d'Abou Ghraib. Nous sommes heureux que cet accord reconnaisse la responsabilité d'un de ces entrepreneurs, offrant ainsi un peu de justice aux victimes.»

L-3 Services, la branche de Engility Holding Inc. impliquée dans le scandale d'Abou Ghraib, s'était défendue en affirmant qu'aucune preuve ne pouvait être présentée qui prouverait sa participation aux tortures, rappelle Al Jazeera. La firme avait déclaré qu'aucun des détenus n'était capable de confirmer l'identité de leurs tortionnaires et que seuls deux d'entre eux avaient pu fournir de vagues assertions.

Pourtant, selon le texte de l'accord, la firme «a permis a ses employés de participer longuement et à travers tout l'Irak à la torture et à l'abus des prisonniers». Il précise également que L-3 Services «s'était volontairement gardée de signaler les attaques répétées et les conduites criminelles de ses employées aux autorités américaines ou irakiennes».

Une autre société impliquée, CACI, sera jugée cet été.

Célésia Barry
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