France

Réforme du lycée: des professeurs inquiets pour leurs élèves au bac

Temps de lecture : 2 min

Epreuve 2011 du bac philo au lycée Clemenceau de Nantes. REUTERS/Stephane Mahe
Epreuve 2011 du bac philo au lycée Clemenceau de Nantes. REUTERS/Stephane Mahe

Alors que les premiers écrits du bac 2013 débutent dans six mois, de plus en plus de professeurs de terminale s’inquiètent du manque de préparation de leurs élèves et du flou qui entourent les nouvelles épreuves, révèle L’Etudiant.

La réforme du lycée, lancée en 2010 par le gouvernement Fillon pour permettre une meilleure spécialisation des élèves, est désormais installée. De nouvelles disciplines sont arrivées aux épreuves du baccalauréat et leurs lots de complications avec. En cause: un manque d’accompagnement, des sujets «zero» incohérents, le manque de consignes ou encore des absences de barèmes, explique L’Etudiant.

Interrogé par le magazine spécialisé dans la vie étudiante, Cédric Perrin, enseignant d’histoire-géographie à Tours, pointe «des sujets balancés sans barème ni consignes, avec comme une impression de naviguer à vue». Un reproche qui se répète dans de nombreuses matières, et notamment dans les langues vivantes, particulièrement touchées par la réforme: trois nouvelles épreuves dont une compréhension orale désormais obligatoire prévue au deuxième trimestre comptant pour le bac. «Or, on ne sait toujours pas bien ce que l’on doit évaluer», explique Aline Lefevre, professeur d’espagnol au lycée Jacques Prévert de Boulogne-Billancourt.

En novembre déjà, le syndicat national Force Ouvrière des lycées et collèges de l’académie de Lille s’était plaint, dans une lettre adressée à Vincent Peillon visible sur le site Internet de l’organisation, de ces nouvelles épreuves, pointant «la mission impossible face à laquelle sont confrontés les enseignants».

Ces problèmes étaient-ils prévisibles? S’il est «très difficile d’avoir une vue d’ensemble», concède Philippe Tournier, secrétaire général du Syndicat national des personnels de direction de l'Education nationale (SNPDEN-Unsa), dans des propos rapportés par Le Point, «il faut bien plus de trois ans pour changer les choses».

«On a décrié le fait que la réforme ne serait pas applicable tant que les moyens ne seraient pas là. L'histoire nous a donné raison», estime pour sa part Victor Colombani, président de l'Union nationale lycéenne (UNL), toujours dans Le Point.

Si les détracteurs à cette réforme sont nombreux, des voix discordantes au sein du corps professoral se font tout de même entendre.

Une enseignante, interrogée par l’Etudiant et qui préfère garder l’anonymat, pointe les bienfaits du Web:

«Les ressources en ligne sont très nombreuses, entre le site Éduscol sur lequel on trouve des sujets zéro, des documents d'accompagnement des programmes et les portails de discipline, les enseignants ont normalement tout ce qu'il faut pour s'informer. On ne peut pas faire comme si ces ressources n'existaient pas!»

Jean-Paul Delahaye, directeur de la Direction générale des affaires scolaires, demande quant à lui de la patience car «très vite, tout va rentrer dans l’ordre».

Alexandre Blot Luca

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