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Pourquoi le film sur l'actrice de «Gorge Profonde» peut aider les victimes de viol

France Ortelli, mis à jour le 09.01.2013 à 12 h 02

Affiche du film Lovelace, le biopic sur Linda Lovelace

Affiche du film Lovelace, le biopic sur Linda Lovelace

C’est une des premières stars du porno, mais elle n’a jamais touché le moindre cachet pour sa prestation dans Gorge Profonde. Linda Lovelace, devenue militante anti-porno, morte sans le sou à 53 ans d’un accident de voiture, fait l’objet d’un biopic, Lovelace, dont la première aura lieu fin janvier aux Etats-Unis, au festival de Sundance. Une tribune publiée sur The Atlantic prétend que ce film a le «potentiel pour démarrer des conversations sérieuses au sujet du consentement sexuel».

«Chaque fois que quelqu’un regarde ce film, il me voit en train d’être violée», expliquait l’actrice en 1986, arguant qu’elle avait tourné Gorge Profonde contre son gré, après que son mari l'avait initiée aux drogues et hypnotisée pour «augmenter son appetit sexuel et ses performances» comme le rapportait en mars 2012 le Daily Mail.

«Linda décrivait Gorge Profonde comme un documentaire sur la violence orchestrée par Chuck Traynor, son mari violent. Les photos du film révèlent d'énormes ecchymoses violettes le long de ses cuisses», écrit Carolyn Bronstein dans The Atlantic.

Certains s'étaient opposés à sa version des faits et la soupçonnaient de mentir pour gagner de l’argent. Pour d'autres, il aurait suffit qu'elle refuse de jouer dans le film.

Selon Carolyn Bronstein, des milliers de femmes pourraient se reconnaître dans ce biopic. Elle rappelle les chiffres: cette années, ce sont près de 200.000 femmes qui devraient être agressées sexuellement aux Etats-Unis et, comme Linda Lovelace, «beaucoup seront tenues responsables d'être victimes». Carolyn Bronstein s'appuie sur l'auteur Jackson Katz qui, dans son livre The Macho Paradox, explique comment nous sommes imprégnés d'une «culture du viol»:

«Nous vivons dans une société où les femmes sont traitées comme des objets sexuels et où la violence sexuelle est fréquente. Le viol est considéré comme un fait à part entière dans la vie des filles et des femmes, une nuisance qui ne pourra pas s'en aller.»

Selon Carolyn Bronstein, qui n'a pas vu le film, les spécificités de l'histoire de Linda Lovelace («manque d'éducation et d'opportunités, naïveté qui fait d'elle une cible parfaite pour le trafic sexuel et impuissance contre la violence masculine»), si elles sont traitées correctement par les réalisateurs, pourront «faire la lumière sur les multiples façons dont notre culture soutient et cautionne le viol».

France Ortelli
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