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New York: Excédé par les hipsters, il appelle la police 400 fois pour des délits imaginaires

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 07.01.2013 à 11 h 22

Bedford Avenue, Brooklyn, NYC / www.urbamedia.com via Flickr CC Licence By

Bedford Avenue, Brooklyn, NYC / www.urbamedia.com via Flickr CC Licence By

Louis Segna, un célibataire de 51 ans qui vit dans le quartier new-yorkais de Williamsburg, la capitale des hipsters, a appelé 403 fois la police pour se plaindre des désagréments causés par les hordes de jeunes branchés avec lesquels il doit désormais coexister.

L’homme, décrit par le tabloïd New York Post comme un «grincheux» et qui habite près d'un coffee shop suédois (ça ne s'invente pas), était certes connu dans les environs pour ses plaintes répétées contre les nuisances sonores lors des réunions de quartier. Mais ce n’est que tout récemment qu’un officier de police de garde a démasqué ce plaignant en série.

Un premier appel reçu récemment par les services d’urgence, le 911, faisait état d’une bagarre dans le quartier. Un peu plus tard dans la même soirée, un autre appel concernait cette fois une fusillade en pleine rue. Sur place, les policiers n’ont trouvé dans les deux cas aucun élément probant. Un policier a par la suite réécouté les appels de signalement enregistrés, et en a conclu qu’il s’agissait de Louis Segna, avec qui il avait eu maintes fois l'occasion de parler sur la ligne des appels d'urgence... Le 1er septembre 2012, Segna avait même signalé une fausse explosion à la station de métro Bedford Avenue.

«Il a admis qu’il fabriquait des histoires pour nous faire venir plus vite», a expliqué l’inspecteur Terence Hurson, qui l’a démasqué. «C’est la seule manière de vous faire venir sur place», a ajouté Louis Segna selon le policier.

Déjà connu des services de police pour possession d’explosifs artisanaux et d’une carabine dans les années 1990, Segna a été mis en examen pour fausse déclaration et mise en danger d'autrui par négligence.

«Il est fou… mais pas juste un peu fou comme les gens de Williamsburg: il est taré», selon un commerçant du quartier interrogé par le New York Post.

Il n’est pas considéré pour autant comme une menace: plutôt comme un éternel mécontent… Selon l’inspecteur Hurson, il se plaignait la plupart du temps des voisins qui parlaient trop fort dans sa rue. Et le site Gothamist a trouvé au moins un hipster qui le défend, un voisin de 28 ans. Lequel admet:

«Je veux dire, il a vécu là toute sa vie… Et tout ce merdier commence à arriver juste autour de lui, Je me suis toujours senti mal pour les habitants plus âgés du quartier.»

Les jeunes «hipsters», artistes branchés venus dans le quartier pour son atmosphère multi-ethnique, attirent eux aussi l’œil de la police depuis quelques temps. Bien que les noirs et les latinos soient les cibles privilégiées des contrôles de la police new-yorkaise, les hipsters, blancs dans leur majorité, expérimentent eux aussi les joies du contrôle au faciès, comme Slate le relatait récemment.

«Ce n’est pas une question de race, mais de classe», précise le guitariste gothique Nate Morgan, 20 ans, dans le New York Daily News à propos de plusieurs contrôles dont il a fait l’objet récemment. «J’ai une crête mohawk, ils me stéréotypent» à cause de ça.

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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