Monde

«Va te faire enculer»: ambiance malaise chez les législateurs américains avant la falaise budgétaire

Cécile Dehesdin, mis à jour le 03.01.2013 à 17 h 21

Le président de la Chambre des représentants John Boehner, le 8 avril 2011 à Washington. REUTERS/Kevin Lamarque.

Le président de la Chambre des représentants John Boehner, le 8 avril 2011 à Washington. REUTERS/Kevin Lamarque.

L'ambiance au Congrès américain lors des deux derniers mois, durant lesquels les législateurs sont tant bien que mal (et plutôt mal que bien) arrivés à un accord budgétaire, est très bien résumée par cette anecdote qui ouvre l'article de Politico revenant sur les négociations:

«Le président [républicain] de la Chambre des représentants John Boehner n'a pas pu se retenir quand il a vu le leader de la majorité [démocrate] au Sénat, Harry Reid, dans le hall de la Maison Blanche vendredi dernier [le 28 décembre].

On était à seulement quelques jours de la falaise budgétaire, aucun accord bipartisan n'était prévu, et Reid venait d'accuser publiquement Boehner de diriger une "dictature" à la Chambre, et de se préoccuper davantage de son autorité que de parvenir à un accord.

"Va te faire enculer", balança Boehner en pointant du doigt Reid, d'après plusieurs sources présentes.

Reid, un peu surpris, répondit: "De quoi tu parles?"

Boehner répéta: "Va te faire enculer."»

Cet échange, à quelques pas du Bureau ovale, et dont s'est vanté Boehner auprès de ses collègues républicains, n'était qu'un des épisodes qui ont marqué les deux mois de négociations entre législateurs menant à un accord in extremis (et à minima) dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Le compromis empêche les coupes automatiques de 500 milliards de dollars dans les budgets de l'Etat fédéral et la hausse massive d'impôts frappant l'ensemble des contribuables.

Matthew Yglesias de Slate.com note que cette anecdote violente est révélatrice du fonctionnement de la Chambre des Représentants: le Sénat avait passé une loi permettant de sortir de l'impasse, et en parlant de «dictature», Harry Reid essayait de forcer John Boehner à mettre cette même mesure au vote, dans l'espoir que quelques Républicains se joindraient aux Démocrates de la Chambre pour la faire passer.

Sauf que la Chambre fonctionne selon le principe de «la majorité de la majorité»: le président de la Chambre ne propose un texte au vote que si la majorité des représentants de son parti la soutient (empêchant ainsi le parti en minorité de faire passer des lois).

Boehner a finalement fait exception à cette règle, et la loi sur la falaise budgétaire est passée avec deux tiers de voix démocrates, et un tiers de voix républicaines. Pour tout savoir des perdants et des gagnants de cet accord, c'est par ici.

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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