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Les journaux irlandais veulent faire payer les liens hypertextes

La une du Irish Times des 26 et 27 janvier 2010

La une du Irish Times des 26 et 27 janvier 2010

Alors que la taxe Google divise la presse, les grands journaux irlandais ont adopté une position controversée, explique le site spécialiste du numérique Numerama.

Regroupés autour de l’Association des quotidiens nationaux d’Irlande, les quinze plus gros titres du pays ont tout bonnement demandé la rémunération des liens hypertextes renvoyant à leurs articles. Une mesure qui pourrait s’avérer destructrice pour de nombreux sites internet friands de ce genre de procédés.

Barème tarifaire à l’appui, l’association n’a pas tardé à envoyer les premières mises en demeure aux sites visés, leur demandant expressément d’acheter une licence de droit d’auteur, relate Numerama. Avec un prix allant de 300 euros pour un à cinq liens à 1.350 euros les 26 à 50 liens, on doute que les sites d'information et blogs aient envie de payer à la fin du mois...

Si on n’en est pas encore là en France, Numerama estime que l’ambition des grands journaux est sensiblement la même, mais plus nuancée, avec la taxe Google.

Les partisans de cette taxe, réunis sous la bannière de l’Association de la presse d’information politique et générale (IPG), militent pour un rééquilibrage des rapports de force entre le géant américain et les médias français, rappelait 20minutes.fr. Nathalie Collin, présidente de l’IPG, est montée au créneau dans une interview donnée au Figaro, demandant «la création d'un droit voisin qui permettrait de faire payer par les moteurs de recherche une juste rémunération chaque fois qu'un de nos contenus est indexé».

Google, dans un courrier adressé à la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, repris par BFMTV, avait immédiatement réagi en estimant que cette taxe remettrait «en cause son existence-même», arguant qu’il redirigeait «quatre milliards de clics» par an sur les sites de presse.

La position de l'IPG ne fait pas consensus dans le web d'information français: Slate a publié fin octobre une tribune —initialement parue dans Libération— cosignée de son rédacteur en chef Johan Hufnagel, ainsi que des journalistes Christophe Carron et Guillaume Ledit, estimant que la taxe Google «vise juste à prolonger artificiellement des modèles économiques à bout de souffle et des groupes de médias détenus pour la plupart par de grands groupes capitaliste».

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