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Apple: y a-t-il une «vague de criminalité mondiale»?

L'iPhone 5.

L'iPhone 5.

Le braquage de l’Apple Store situé près de l’opéra Garnier, en plein centre de Paris, le soir du 31 décembre, et qui aurait vu l’équivalent de près de 1 million d’euros de produits dérobés, est loin d’être un cas isolé à l’échelle de la planète, comme l’écrit Joshua Keating dans Foreign Policy.

En novembre, des voleurs sont partis avec un butin d’iPad mini d’une valeur de 1,5 million de dollars (un peu plus de 1 million d’euros), dérobé dans un entrepôt de l’aéroport Kennedy à New York, où les produits venaient d’arriver depuis la Chine —pour l’anecdote, il s’agissait de l’entrepôt où a lieu le casse du film Les Affranchis, selon le New York Post.

A Londres, des iPhone d’une valeur de 100.000 livres (123.000 euros) ont été volés dans un magasin O2 en septembre. Des casses moins sophistiqués ont également eu lieu, comme ce voleur de Temecula, en Californie, qui a utilisé une BMW comme bélier pour rentrer dans un Apple Store, volant quelques iPhone 4s… une semaine avant la sortie de l’iPhone 5.

Mais la grande majorité des crimes liés à Apple ne sont pas des casses spectaculaires, simplement des vols de rue classiques. Il y a eu 3.890 vols de produits Apple en plus en 2012 à New York, ce qui a fait augmenter les chiffres de la criminalité de la ville, selon son maire Michael Bloomberg.

La valeur de revente d’un iPhone volé est plutôt bonne. Lors d'une opération en 2011, la police de New York a trouvé des commerçants vendant des iPhone 4S volés à 200 dollars, soit plus que le prix auquel Walmart vend désormais certains iPhone 5 neufs. Keating résume:

«Entre les vols et les très médiatisés faux Apple Store chinois, il y a une économie souterraine dynamique qui vit parallèlement à l’entreprise qui a le plus de valeur au monde

Mais Will Oremus, sur Slate.com, met en garde contre la tentation de parler d'une «vague de criminalité mondiale» (le titre de l’article de Foreign Policy, avec un «?» à la fin) liée aux produits d’Apple:

«La fascination du public (et des médias) pour les produits d’Apple rendent probablement ces vols plus visibles qu’ils ne le seraient autrement. Les cambrioleurs attaquent des magasins Best Buys tout le temps, mais quand ils s’en prennent à un Apple Store, l’affaire fait plus de gros titres.»

Néanmoins, certains signes montrent que les voleurs ne s’attaquent pas à n’importe quel vieux téléphone portable ringard. Les autorités se sont même rendu compte que le taux de criminalité baisse dans les semaines qui précèdent la sortie d’un produit phare d’Apple, les voleurs attendant le nouveau modèle de la même manière que les clients.

Conclusion de Will Oremus:

«Rien de tout cela ne signifie que les produits Apple sont une menace à l’ordre public. Cela montre seulement que, comme les stéréos et les cigarettes, ils sont partout, faciles à chaparder et offrent une bonne valeur de revente par rapport à leur taille et poids, ce qui en fait des cibles idéales pour tout escroc perspicace. Contrairement aux livres, par exemple.»

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