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La mode des mots vulgaires en couverture des magazines féminins

Alexandre Blot Luca, mis à jour le 02.01.2013 à 19 h 42

Britney Spears en une du magazine américain Glamour en janvier 2009.

Britney Spears en une du magazine américain Glamour en janvier 2009.

Faut-il que les magazines féminins soient vulgaires pour attirer l’attention de leurs lectrices? Eternel sujet de débat dans les rédactions de presse féminine, les mots vulgaires en couverture ou en titre d'article ont aujourd’hui la cote, comme le souligne le New York Times.

Souvent cachés sous de petits astérisques («f***» pour «fuck»), ils sont en passe d’être banalisés. Cindi Leive, rédactrice en chef de l'édition américaine du magazine Glamour, a franchi le pas il y a maintenant deux ans. Soucieuse de la réaction de ses lectrices, elle fut étonnée de ne recevoir aucune remarque de leur part: «J’ai eu l’impression d’être la dernière personne sur terre à me soucier de cela», confie-t-elle au quotidien américain.  

Un phénomène que nombre de rédacteurs et rédactrices en chef attribuent à l’évolution de la société et à une certaine tendance à la vulgarité dans les médias, rapporte le New York Times.

Le magazine Première, spécialisé dans le cinéma, a d'ailleurs consacré récemment un article aux comédies «girly trash» (Bad Teacher, Mes meilleures amies, Girls...) , dans la lignée de séries sans tabous comme Sex and The City et dans un contexte où, affirme-t-il, «la volonté des femmes de s’affirmer à l’égal des hommes passe par l’imitation de leurs pires travers».

Un franc-parler s'est alors installé, laissant libre court aux discussions qui d'ordinaires étaient secrètement préservées dans l'intimité, insiste le magazine. Désormais, on ose parler de ses relations sexuelles, de ses tendances et on les assume: en témoigne le succès du roman érotique Cinquante nuances de Grey de E.L. James, qui a fait un tabac aux Etats-Unis.

Interrogé par le New York Times, Robin Lakoff, professeur de linguistique à l’université de Berkeley en Californie, fait un constat proche:

«Il est désormais plus acceptable pour une femme de prononcer des jurons. […] Les femmes peuvent prononcer des vulgarités à la télé, dans des films ou dans la presse.»

De nombreuses personnalités, à l’instar de Lady Gaga, concourent également selon l’article à cette émergence de la vulgarité dans les magazines féminins en bénéficiant d’un traitement de faveur. Objectif: ne pas dénaturer le personnage et accrocher la lectrice.

Quelques irréductibles ont pourtant fait le souhait de ne jamais insérer un mot vulgaire en couverture de leur magazine ou au sein de leurs colonnes. Kristin Van Ogtrop, directrice de la rédaction du magazine Real Simple, en fait partie et assure qu’elle ne placera jamais une vulgarité en couverture sauf «si elle est droguée et qu’elle en a perdu toutes ses facultés».

Alexandre Blot Luca
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