Life

Sur Second Life, les femmes sont plus dénudées que les hommes

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 02.01.2013 à 12 h 28

Capture d'écran de Second Life

Capture d'écran de Second Life

Les femmes dévoilent plus de parties de leur corps que les hommes dans l’univers virtuel de Second Life. C’est la conclusion d’un article paru sur Plos One, un site de publication scientifique, écrit par deux chercheurs québécois qui ont étudié les avatars de 404 participants de janvier 2011 à janvier 2012, sélectionnés au hasard dans les différents espaces publics du jeu de rôle.

En détail, il apparaît que les avatars féminins sont deux fois plus dénudés que ceux des hommes. 71% des avatars mâles recouvrent 75 à 100% de leur peau, alors que seulement 5% des femmes en font de même. A l’opposé, seulement 1% des hommes couvrent de 0 à 24% de leur peau, contre 10% de femmes.

Il y aurait donc, selon les auteurs, «une différence intrinsèque entre les sexes quant au dévoilement du corps», résume Linsday Abrams sur The Atlantic.

Source: Plos ONE

Plutôt que de devoir prendre en compte les contraintes climatiques, environnementales et culturelles qui influent sur la tendance à révéler la nudité dans la vraie vie, les chercheurs ont choisi le monde virtuel de Second Life qui constitue une sorte de laboratoire pour étudier la «tendance humaine spontanée à révéler de la peau nue»… Les corps humains étant souvent représentés de manière hypersexualisée dans les espaces virtuels, avec des proportions des parties du corps particulièrement irréalistes, les chercheurs affirment avoir pris en compte cette spécificité, en étudiant s’il y avait une corrélation entre nudité du corps «virtuel» et formes et proportions irréalistes. Or la tendance à l’hypersexualisation des corps dans les mondes virtuels ne serait pas la cause de cette tendance à plus de dévoilement chez les avatars féminins.

En revanche, la portée de cette analyse est limitée par le fait qu’on ne peut pas savoir si les avatars de femmes ont été créés par des femmes ou par des hommes, le principe de Second Life étant justement de s’inventer une personnalité et une identité pas nécessairement reliées à sa propre personne. On sait seulement, écrivent les deux auteurs, que moins de 25% des gens créent un avatar de sexe différent du leur dans les mondes virtuels.

Alors peut-on sérieusement prendre ce monde virtuel, déconnecté des contraintes de la vie quotidienne et propice à l’invention d’une vie parallèle, pour un indice des comportements humains? Pour les auteurs, dont l'étude a été accueillie froidement par certains sites spécialisés, c’est bien le cas.

Pour vérifier la solidité de leurs résultats, ils ont comparé ces corps de Second Life à ceux d e Star Wars Roleplay, un sous-groupe du jeu inspiré du monde de Star Wars. L’idée étant que dans le cadre d’une réinterprétation des personnages de fiction de Star Wars, les avatars devaient être les plus conformes aux coutumes vestimentaires du film (les chercheurs ont exclu les Chewbaccas et autres droïdes de leur échantillon). Or, il apparaît que si les hommes diffèrent peu dans leur aspect physique des personnages de la saga qu’ils imitent, les femmes montrent plus de peau dénudée que leurs équivalents scénaristiques.

Source: Plos ONE

Bon, et alors, est-ce que c’est grave? «C’est peut-être tout simplement que les femmes aiment montrer plus de peau que les hommes, et il n’y a peut-être rien de mal à ça», conclut avec détachement Lindsay Abrams sur The Atlantic.

Jean-Laurent Cassely
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Journaliste
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