L'un des (le?) premiers bébés français de l'année a deux mamans

Capture d'écran d'un reportage de France 3 sur la naissance de Sacha

Le premier bébé auvergnat de l’année 2013, et peut-être même le premier pour la France entière, a deux mamans. Une naissance symbolique alors que l’année devrait être celle de l’adoption du projet de loi sur le mariage pour tous en France.

Sacha, 48 cm et demi pour 2 kg 920, est né entre minuit et minuit une le 1er janvier au centre hospitalier de Moulins (Allier), rapporte France 3 Auvergne. Ses deux mères, Maude et Delphine, sont pacsées depuis 2010 et ont effectué de longues démarches à Bruxelles pour que Maude reçoive une insémination artificielle, comme elles l’ont expliqué à La Montagne:

«On a passé plusieurs examens médicaux. C'est l'équipe médicale qui a choisi le donneur anonyme.»

Cet acte médical, qui fait partie de ce que l'on appelle la procréation médicalement assistée (PMA), n’est pour le moment permis que pour les couples hétérosexuels en France, comme le dispose l'article L2141-2 du Code de la santé publique:

«L'homme et la femme formant le couple doivent être vivants, en âge de procréer et consentir préalablement au transfert des embryons ou à l'insémination. Font obstacle à l'insémination ou au transfert des embryons le décès d'un des membres du couple, le dépôt d'une requête en divorce ou en séparation de corps ou la cessation de la communauté de vie, ainsi que la révocation par écrit du consentement par l'homme ou la femme auprès du médecin chargé de mettre en oeuvre l'assistance médicale à la procréation.»

Mais la PMA est au cœur des débats actuels sur le projet de loi sur le mariage pour tous. François Hollande a rappelé qu'elle ne figurait pas dans le texte du projet de loi et qu’il n’était pas favorable à cette mesure, mais que si le Parlement se prononçait pour, il ne s’y opposerait pas. Si le mariage pour tous fait plutôt consensus au sein de la majorité, la PMA divise les députés socialistes, même si une majorité a voté en faveur d'un amendement l'élargissant aux couples de femmes homosexuelles.

En attendant, Maude et Delphine déclarent attendre avec impatience que la loi soit adoptée par le Parlement pour pouvoir se marier, comme l’écrit La Montagne:

«Si Maude a porté le bébé et est reconnue en tant que telle, Delphine "n'existe pas si ce n'est sur le testament de Maude"...»