Monde

Hitler priant à genoux à Varsovie, la nouvelle provocation de Maurizio Cattelan

Temps de lecture : 2 min

«Him», Maurizio Cattelan, en 2004 à Munich. REUTERS/Michael Dalder
«Him», Maurizio Cattelan, en 2004 à Munich. REUTERS/Michael Dalder

Adolph Hitler, priant à genoux dans le ghetto de Varsovie, en Pologne. Mauvais goût? Art? L'artiste Maurizio Cattelan fait une nouvelle fois dans la provocation, rapporte The Guardian.

Sa statue, intitulée Him (lui), réalisée en 2001 et déjà exposée auparavant, a été cette fois installée au coeur de la capitale polonaise, où sont morts et d'où ont été déportés des milliers de juifs victimes du régime nazi durant la Seconde Guerre mondiale. The Guardian décrit le dispositif:

«La statue d'Hitler n'est visible qu'à travers un trou creusé dans une porte en bois et les spectateurs ne peuvent voir que le dos de la petite silhouette priant dans une cour.»

Vanessa Gera, de l'Associated Press, précise:

«L'artiste n'explicite pas ce pour quoi Hitler est en train de prier, mais le but plus général, selon les organisateurs, est de faire réfléchir les gens sur la nature du mal

The Guardian souligne:

«La statue a attiré un grand nombre de visiteurs depuis son installation le mois dernier, mais certaines organisations ont critiqué la décision de l'ériger dans un lieu aussi sensible.»

Pour le Centre Simon Wiesenthal, le fait d'exposer cette statue à Varsovie, dans ce lieu, est «une provocation insensée qui insulte la mémoire des victimes juives du régime nazi».

Efraim Zuroff, le directeur du Centre Simon Wiesenthal a déclaré dans un communiqué:

«En ce qui concerne les juifs, la seule prière d'Hitler était qu'ils soient rayés de la surface de la Terre.»

Fabio Cavallucci, directeur du Center for Contemporary Art, qui a supervisé l'installation, a déclaré:

«Il n'est pas question du côté de l'artiste ou du centre d'insulter la mémoire juive (...) C'est une œuvre d'art qui essaie de parler du fait que le mal se cache partout dans le monde

Dans un article paru en janvier 2012, Aurélien Le Genissel rappelait sur Slate:

Que ce soit Him (2001), une dérangeante sculpture ultra réaliste d’Hitler agenouillé ou de La Nona ora (1999), un portrait du Pape Jean Paul II renversé par un étrange météorite, Cattelan se défend pourtant de toute idée de provocation:

«J’aimerais bien être assez bon pour penser à faire quelque chose de provocateur et pouvoir le faire. J’aimerais avoir une télécommande sur laquelle appuyer pour réaliser des œuvres de ce genre sur commande. Mais ça ne marche pas comme ça».

Il rajoute quand même qu’il a toujours aimé «l’idée des œuvres qui te prennent et te donnent un coup de poing dans le ventre».

Cécile Chalancon Editrice à Slate.fr

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