Quand les employés des majors d'Hollywood piratent leurs propres productions

Yarr / Andrexasmith via Flickr CC License by

Hollywood pris en flagrant délit de piratage. Une enquête menée par le site TorrentFreak en partenariat avec Scaneye révèle que les employés de plusieurs majors hollywoodiennes téléchargent des fichiers dont ils ne détiennent pas les droits pendant leurs heures de travail:

«Ceux qui sont censés être les plus touchés par le piratage en ligne ne sont pourtant pas étrangers au partage de fichiers copyrightés. Les nouveaux résultats d’une étude révèlent que les employés de la Paramount Pictures, de Warner Bros, de Disney, de Sony Pictures et de la 20th Century Fox piratent ouvertement des films, des jeux ainsi que d’autres formes de divertissement au travail.»

Chez Paramount, par exemple, «des addresses IP statiques ont été associées avec le téléchargement d'une grande variété de contenus» tels que la production indé Battle Force, le film Hunger Games ou encore Happy Feet, distribué par les concurrents de Warner Bros.

Chez Sony Pictures, les employés sont aussi friands de jeux et de shows télé, puisqu’ils ont été pris en train de télécharger L'Age de glace 4 (dont les droits sont détenus par leurs concurrents de la Fox), des jeux vidéo pour Wii ainsi... qu’un épisode de Top Chef.

Les cinq sociétés incriminées font partie des «Big Six», ces six majors qui se répartissent la majorité des revenus du marché cinéma aux US en concurrence avec les producteurs indépendants, et sont représentées par la Motion Picture Association of America (MPAA). L’objet principal de cette dernière, depuis plus de dix ans, est de mener «la guerre contre les "voleurs" qui osent partager leurs films en ligne», entraînant «des milliards de dollars de pertes de revenus pour les secteurs créatifs», comme le précise Torrent Freak.

La MPAA est à la base du plan anti-piratage «Six strikes» (l’équivalent américain de notre Hadopi), mis en application début 2013 et qui, comme le décrit le site de CNN, a pour objet de partir en guerre contre les voleurs de contenus copyrightés:

«Votre FAI vous enverra d’abord un avertissement, puis des avertissements supplémentaires pour chaque infraction, jusqu’au déploiement de réelles mesures punitives, allant du bridage de votre bande passante à —en théorie, c'est une possibilité— la résiliation de votre service.»

Les créateurs de contenus eux-même ne sont pourtant pas toujours d’accord avec ces mesures anti-piratage: on se souvient par exemple du discours, en 2011, du réalisateur Alex de la Iglesia contre la loi anti-piratage Sinde. Le réalisateur du Crime Farpait avait ouvert la cérémonie des Goya (équivalent espagnol de nos Césars) en annonçant sa démission du poste de président de l'Académie espagnole des arts et des sciences cinématographiques pour s’insurger contre le passage en force de cette loi en Espagne:

«Internet n'est pas le futur comme certains ici le croient, c'est notre présent. […] Nous n'en avons pas peur, car c'est précisément le salut de notre cinéma.»

Photo: Yarr / Andrexasmith via Flickr CC License by
Devenez fan sur , suivez-nous sur
 
LU SUR...
TOPICS
PARTAGER
LISIBILITÉ > taille de la police
SLATE CONSEILLE
À la une de Slate »
LU,VU&ENTENDU
Publié le 26/12/2012
Mis à jour le 26/12/2012 à 12h41