Die Rechte, le sucesseur annoncé du parti néo-nazi allemand NPD

Une manifestation du NPD en 1998, REUTERS/Fabrizio Bensch

Alors que le Parti National Démocratique (NPD), l’historique parti néo-nazi allemand, risque d’être banni de la vie publique, son successeur est déjà tout trouvé. Il s’agit du jeune parti Die Rechte, rapporte The Independent.

Créé cet été, Die Rechte («la droite» en allemand) fait écho à Die Linke, un parti socialiste allemand dont les idées sont proches de celles du Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon. Si le NPD était banni, Die Rechte pourrait profiter de l’occasion pour rallier tous les anciens du NPD sous sa bannière, analyse The Independent.

Si le parti se dit «moins radical» que le NPD et affirme militer principalement «pour préserver l’identité allemande», les différences semblent être très minces.

Le fondateur de Die Rechte, Christian Worch, vient d’une famille de nazis notoires, dont il se dit fier, explique The Independent:

«Son père était membre de la Waffen SS d’Adolf Hitler. Sa grand-mère aurait aidé le tristement célèbre tortionnaire de la Gestapo Klaus Barbie –"Le Boucher de Lyon" – à s’échapper. Son grand-père était un membre dévoué du parti nazi.»

Même si Die Rechte, veut être un point de ralliement pour les conservateurs déçus par le parti Chrétien Démocrate d’Angela Merkel, le parti est «fortement soutenu par des groupes néo-nazis plus radicaux que M. Worch a lui-même mis en place au milieu des années 90», rappelle The Independent.

Pour que le NPD soit interdit en Allemagne, il faut d’abord que les ministres de l’intérieur de chaque Etat ainsi que le ministre de l’intérieur de l’Etat fédéral (de toute l’Allemagne) votent le déclenchement d’une procédure l’égale d’interdiction du parti, ce qui a été fait le 6 décembre, explique Deutsche Welle.

Il incombe ensuite à la cour constitutionnelle allemande de décider si le parti est anticonstitutionnel ou non. C’est concrètement assez difficile à prouver, et nombreux sont ceux qui craignent que la procédure échoue et ne fasse que renforcer l’assise du NPD, qui a déjà réussi à entrer au parlement dans certains Etats. Une procédure similaire avait d’ailleurs échoué en 2003, rappelle Der Spiegel.

Même si la cour constitutionnelle validait le bannissement du NPD, le parti pourrait toujours faire appel de la décision devant la Cour européenne des droits de l’Homme, qui pourrait être plus clémente car elle se concentre sur «la liberté d’expression et d’association», estime Deutsche Welle.

3 scénarios se profilent donc, et aucun d’entre eux ne semble très satisfaisant pour l’Allemagne: soit la cour constitutionnelle rejette de l’interdiction du NPD, soit la Cour européenne des droits de l’Homme ressuscite le NPD, soit le NPD renaît à travers le nouveau parti Die Rechte.

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