Monde

En Egypte, «la situation est définitivement pire que sous l'ancien régime»

Slate.fr, mis à jour le 23.12.2012 à 17 h 28

Prières des Frères musulmans après l'annonce de la victoire de Mohamed Morsi à la présidentielle, le 24 juin 2012, place Tahrir. REUTERS/Suhaib Salemc

Prières des Frères musulmans après l'annonce de la victoire de Mohamed Morsi à la présidentielle, le 24 juin 2012, place Tahrir. REUTERS/Suhaib Salemc

Le projet de Constitution des Frères musulmans aurait recueilli selon des résultats officieux 64% de votes favorables lors du référendum qui s'est tenu en Egypte en deux phases, le 15 décembre et ce samedi 22 décembre. L'opposition dénonce des fraudes et devrait faire appel du résultat avec peu de chances de succès. Elle craint maintenant ouvertement l'instauration d'une dictature islamiste en Egypte d'autant plus que les Frères Musulmans se sont alliés pour ce référendum avec les salafistes encore plus radicaux.

Les libertés individuelles sont déjà fortement menacées dans le pays comme le montre ce reportage de The Telegraph. Le quotidien britannique raconte l'histoire de Alber Saber, aujourd'hui en danger d'être condamné à mort. Quand sa mère a appellé la police pour le protéger d'une foule qui voulait lyncher ce chrétien et l'accusait d'athéisme et de manque de respect pour le prophète Mohammed. Mais la police au lieu d'assurer sa sécurité l'a arrêté. Elle l'a jeté en prison et a encouragé les autres prisonniers à l'attaquer et le passer à tabac. La police l'a conduit devant un tribunal qui l'a condamné à trois de prison. Ce n'est qu'un début, il est sous la menace d'acusations plus graves qui pourraient le conduite à être condamné à mort.

Sa mère, Kariman Ghali, ne cesse de pleurer après chaque visite à la prison. «Il avait du sang partout sur ces vêtements… Les policiers ont dit aux autres prisonniers qu'il a insulté le prophète: «nous voulons voir ce que vous pouvez faire avec lui». Quelqu'un l'a même frappé avec un rasoir». Selon sa mère, Alber Saber a été seulement arrêté parce qu'il a posté sur sa page Facebook une photo d'une bannière agitée par les manifestants sur la place Tahrir au Caire qui dénonce le détournement de la révolution, qui a chassé le dictateur Hosni Moubarak, par les Frères Musulmans.

Les opposants à la nouvelle constitution qui vient d'être adoptée (défenseurs des droits de l'homme, partis politiques non religieux, chrétiens coptes) soulignent qu'elle prive de fait les Egyptiens de toute liberté individuelle dès lors qu'il s'agit de religion et de politique. «La situation est définitivement pire que sous l'ancien régime» explique Gamal Eid, de l'Initiative arabe pour les droits de l'homme. Il estime que les Islamistes qui croient maintenant avoir définitivement gagné et pris le pouvoir ont montré leur vrai visage.

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