France

The Economist toujours fan de Manuel Valls, «le Sarkozy socialiste»

Grégoire Fleurot, mis à jour le 21.12.2012 à 9 h 51

Manuel Valls - Robert Pratta / Reuters

Manuel Valls - Robert Pratta / Reuters

A l’été 2011, l’hebdomadaire libéral britannique The Economist avait soutenu Manuel Valls dans sa course à l’investiture socialiste en vue de l’élection présidentielle, estimant qu’il était le seul héritier de Dominique Strauss-Kahn et saluant sa «vision moderne et rafraîchissante de la gauche».

Un an et demi plus tard, le statut de Manuel Valls a bien changé: après avoir obtenu moins de 6% lors de la primaire socialiste, il s’est rapproché de François Hollande pour devenir un élément central dans sa campagne présidentielle au poste de directeur de la communication. Après la victoire du 6 mai, il est nommé ministre de l’Intérieur.

Aujourd’hui, il est le membre du gouvernement le plus populaire dans les sondages, alors que le Président Hollande et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault sont au plus bas, tout en étant resté fidèle à sa ligne de conduite. Mais une chose n'a pas changé: The Economist est toujours fan de Manuel Valls, et lui consacre un article dans son édition datée du 22 décembre. Le journal voit dans son ascension la marque d’un changement d’attitude de la gauche française:

«Dans beaucoup de domaines, il a été aussi ferme que ses prédécesseurs de droite. Il n’a pas hésité à démanteler des campements illégaux de Roms, expulser un imam pour antisémitisme, durcir les lois de contre-terrorisme pour resserrer l’étau autour des djihadistes et mettre plus de policiers dans les rues. Quand Nicolas Sarkozy prenait les mêmes décisions, les socialistes montaient au créneau. Aujourd’hui aux affaires, ils semblent plutôt contents de leur ministre-policier inflexible.»

The Economist voit d’ailleurs dans «son ambition personnelle, son parcours d’outsider […], son appétit pour prendre les croyances populaires à contre-pied avec énergie» autant de points communs avec Nicolas Sarkozy quand il occupait le même poste. Quand on se souvient que l’hebdomadaire a soutenu Nicolas Sarkozy en 2007 (avec enthousiasme) et en 2012 (par défaut), nul doute qu’il s’agit ici d’un compliment.

Et comme quand le journal lui avait donné sa préférence en 2011, Manuel Valls ne rejette pas la bénédiction de l’institution qui symbolise le libre-échangisme anglo-saxon. The Economist écrit:

«Monsieur Valls s’irrite de la comparaison [avec Sarkozy], mais avoue que "si vous voulez dire qu’il était énergique, qu’il dérangeait les vieilles habitudes et prenait les dossiers de sécurité à bras le corps, alors cela ne me dérange pas."»

Grégoire Fleurot
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Journaliste
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