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Faut-il plus de galanterie entre les hommes et les femmes?

France Ortelli, mis à jour le 11.12.2012 à 15 h 08

Double Dutch Kiss / Wherearethejoneses via Flickr CC License by

Double Dutch Kiss / Wherearethejoneses via Flickr CC License by

Hey, les mecs, tenir la porte aux femmes et leur porter leurs courses est-il bon pour la société? C’est ce à quoi tente de répondre une tribune publiée sur The Atlantic qui affirme qu’hommes et femmes gagneraient à rétablir plus de galanterie —donc de respect— entre eux. 

Depuis 2009, par exemple, un groupe de femmes tente de ressusciter les comportements de «gentlemen» à l’Université d' Etat de l'Arizona, en décernant un prix chaque année à l’homme qui a fait preuve du plus de courtoisie auprès de la gente féminine. D’après The Atlantic, finalement, la galanterie ne serait qu’une forme de politesse et de respect:

«Si les femmes aujourd’hui —qu’elles soient féministes ou non-féministes— encourageaient et les hommes et les femmes à adopter les principes de civilité et de galanterie dans leur conduite, alors les standards des comportements entre les deux sexes seraient égaux, et encourageraient cette egalité que les féministes désirent. De plus, les relations entre les sexes serait à nouveau basées sur le respect mutuel, comme les traditionnalistes le souhaitent.»

La courtoisie aurait donc disparue aujourd’hui?

The Atlantic s’appuie sur un sondage réalisé par Harris en 2010 selon lequel 80% des Américains pensent que les femmes sont traitées avec moins de courtoisie qu’auparavant.

The Atlantic prend pour exemple le comportement des hommes au moment des naufrages, lorsque l'adage «les femmes et les enfants d’abord» est censé faire loi. A l’époque du Titanic, «les trois quarts des femmes embarquées à bord ont survécu et les trois quarts des hommes, en revanche, ont disparu», mais le naufrage du Costa Concordia en janvier dernier aurait prouvé la résurgeance de comportements «rustres»: «les hommes poussaient les femmes et les enfants hors de leur chemin pour se sauver.»

Néanmoins, sur Slate, Brian Palmer explique que cette règle n’a pas toujours prédominé au cours des siècles passés:

«Jusqu’à la seconde moitié du XVIIIe siècle, l’idée  prédominante en Angleterre et en Amérique était que Dieu décidait seul des survivants à un naufrage […] Ainsi, personne ne critiquait les hommes qui piétinaient celles et ceux qui faisaient obstacle à leur survie. Mais ensuite, les philosophes des Lumières ayant mis en avant l’importance de la responsabilité humaine, et les femmes étant désormais vues comme les protectrices sacrées de la famille, les journaux se sont mis à condamner les hommes qui survivaient à des naufrages où des femmes avaient péri.»

Pour finir, l'auteure de la tribune sur The Atlantic admet que la galanterie pourrait être sexiste (le blog Le Mauvais Genre appelle cela «le patricarcool»): si un homme porte les courses d’une femme, est-ce que cela suppose qu’elle n’est pas assez forte pour le faire elle-même?

France Ortelli
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