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Monti part, Berlusconi revient: les conséquences

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 09.12.2012 à 17 h 43

Photo: Berlusconi. Alessio85 via Flickr CC Licence by

Photo: Berlusconi. Alessio85 via Flickr CC Licence by

1. De nouvelles élections

Avec l'annonce du départ de Mario Monti et celle de Silvio Berlusconi de sa candidature aux législatives de 2013, l'Italie se prépare à des élections anticipées, au terme d'une campagne électorale qui sera l'une des plus courtes que l'Italie ait connu ces dernières années. Ces élections devraient se tenir fin février ou début mars. La dissolution du Parlement devrait avoir lieu mi-janvier (entre le 15 et le 20).

2.Des marchés incertains

«Les marchés? Nous verrons bien ce qu'ils feront» a lancé le président de la République Giorgio Napolitano au sujet des réactions à la crise politique italienne, en précisant qu'il ne parlerait pas avant huit jours. «Prédire ce que feront demain les marchés est un exercice fort complexe, mais les marchés ne font jamais la révolution» a déclaré Cesare Geronzi, banquier italien proche de la gauche.

Vendredi, alors que la situation politique dans la péninsule était encore en flottement, les Echos écrivaient:

«Les intervenants ont continué à suivre de près l'évolution de la situation politique en Italie où le sort du gouvernement Monti reste en suspens, après avoir perdu jeudi le soutien au Parlement du parti de Silvio Berlusconi.

Mais les commentateurs ne craignent pas de crise majeure, l'exécutif Monti étant déjà en fin de mandat. Le bras droit de Silvio Berlusconi à la tête de son parti, Angelino Alfano, a d'ailleurs promis une fin de mandat "ordonnée", donc sans chute anticipée du gouvernement.»

3.L'Europe en colère

La Repubblica l'écrit sans détour: l'Union Européenne ne veut pas du retour de celui qui est surnommé à Berlin «l'esprit mauvais». Le quotidien italien ajoute: «L'inquiétude est palpable. L'Europe tremble à l'idée d'un retour de Berlusconi.» L'allemand Joerg Asmussen, membre du SPD et du board de la Banque centrale européenne, a, selon le Bild, lancé un avertissement sévère à l'Italie, accompagné d'un éloge inconditionnel de Mario Monti, conclu par ces mots:

«Quiconque gouvernera l'Italie, pays fondateur de l'Europe, à l'issue des élections, devra poursuivre sur ce même chemin politique d'assainissement que Monti avait emprunté, et avec le même sérieux».

Les relations entre Angela Merkel et Silvio Berlusconi étaient houleuses et le Cavaliere avait même accusé la chancelière (ainsi que le président français d'alors Nicolas Sarkozy) d'avoir voulu «assassiner sa crédibilité».

Le Corriere della Sera estime d'ailleurs que la communauté internationale fera payer un prix assez élevé à l'Italie pour ce dérèglement en pleine crise européenne.

4. Un nouvel équilibre politique en Italie

La façon dont le gouvernement Monti fonctionnait était basé sur un équilibre précaire. La décision de Berlusconi de retirer son soutien et son vote au président du Conseil peut tout faire basculer. Sur le site du journali indépendant Il Fatto quotidiano, Dino Amenduni l'explique: «La gauche avait voté une bonne parti des mesures chères à la droite (réforme des retraites, du code du travail, pour en citer deux); la droite a refusé de voter une bonne partie des mesures qui étaient chères à la gauche (loi électorale, des mesures plus dures contre la corruption, pour en citer également deux), et pourtant la droite peut faire tomber le gouvernement et laisser à la gauche l'héritage politique presque exclusif des décisions impopulaires prises (ensemble) cette année». Conséquence selon le journaliste: le possible retour à une extrême polarisation droite-gauche.

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (741 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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