France

Pourquoi la France a un problème avec l'argent

Temps de lecture : 2 min

Money. 401K via Flickr CC Licence by
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Pour la presse anglo-saxonne, les débats autour de Florange rappellent une chose: la France a un problème avec l’argent, le capitalisme, et n’aime pas les riches. Pas les nouveaux du moins, ceux qui le montrent trop, ceux qui sont trop ostentatoires.

Dans le New York Times, Elaine Sciolino revient à cette occasion sur l’affaire Bernard Arnault et son désir de prendre la nationalité belge. La colère suscitée par cette affaire (Jean-Luc Mélenchon traitant le patron de LVMH de parasite etc) est due selon la journaliste à «l’antipathie de la France pour le capitalisme et les riches faisant du profit». Elle rappelle la façon dont François Hollande avait d’ailleurs déclaré au Bourget en janvier dernier: «Mon véritable adversaire, c'est le monde de la finance».

Un problème historique

Pour le New York Times, comme pour l’Economic Times qui revient sur cette même «phobie» de l’argent, celle-ci est historique. On peut la retrouver chez Mitterrand, on peut la retrouver dans l’immédiat après-guerre, mais on peut surtout la faire remonter bien plus loin. Alain Minc, interviewé par le New york Times, explique ainsi que dès 1685, lorsque Louis XIV confisca les possessions et propriétés du million de Protestants alors présents dans le pays, ceux-ci, qui avaient été les meilleurs entrepreneurs du pays, durent s’enfuir ou périrent. «Les aristocrates n’étaient pas autorisés à faire du commerce» rappelle l’économiste et conseiller politique. «Donc personne à l’époque n’était là pour faire commerce».

Depuis, l’Histoire n’aurait fait que renforcer cette antipathie de la France pour l’argent, le commerce, le capitalisme. «Pendant la deuxième Guerre Mondiale» explique The Economic Times, «le fait que des entreprises françaises ont collaboré avec les Nazis —Louis Renault vit d’ailleurs sa société nationalisée après la libération— n’aida pas à encourager des sentiments positifs à l’égard du capitalisme». Sans compter que les communistes furent parmi les plus efficaces résistants et y gagnèrent une crédibilité fondamentale après la guerre, selon le journal.

Celui-ci revient aussi sur la Révolution: «en faisant tomber la monarchie en 1789, les paysans exploités pensaient se libérer, mais une classe bourgeoise s’est installée à la place. Encore aujourd’hui, le travailleur français lambda déteste son patron. Le patron est un ennemi, pas un partenaire»...

La séparation travail/loisir, cette originalité française

Selon l’Economic Times, ce rapport à l’argent et au capitalisme induit des rapports sociaux et de travail particuliers… Le journaliste s’étonne ainsi de ce qu’en France, il y a une véritable séparation entre le travail et les loisirs, que les business qui décollent grâce à un investissement jour et nuit dans le travail sont plus rares, que des magasins ferme «entièrement» en août ou que les réunions de travail ne «se prolongent pas tard dans la nuit».

Elaine Sciolino souligne néanmoins que la fronde des «pigeons» cet automne pourrait être la marque d’une évolution dans les mentalités françaises. Un mouvement d'entrepreneurs et patrons de start-up, auto-baptisé «les Pigeons» a en effet émergé pour dénonce le projet de loi de Finances 2013 de Hollande, qu'il accusait de «tuer l'esprit d'entreprendre». Sans surprise, ce mouvement qui voyait l’adhésion de plusieurs milliers d’entrepreneurs en France avait été soutenu par plusieurs centaines d’entrepreneurs basés… en Californie.

Charlotte Pudlowski journaliste, créatrice et rédactrice en chef du podcast Transfert

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