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La fonte du permafrost en Arctique serait beaucoup plus grave que prévu

Temps de lecture : 2 min

 Nord de la Sibérie en 2007. REUTERS/Dmitry Solovyov -
Nord de la Sibérie en 2007. REUTERS/Dmitry Solovyov -

Les scientifiques ont de nouvelles inquiétudes quant au carbone enfermé dans les vastes étendues de sol glacé de l’Arctique. De nouvelles études de terrain ont en effet été présentées en Californie cette semaine, explique ScienceMag, à l’occasion de la réunion automnale de l’American Geophysical Union. Elles évaluent la quantité de carbone contenu dans les sols à 1.9 trillion de tonnes d’espace métrique, soit bien plus que les études précédentes, qui auraient donc sous-estimé le risque climatique encouru en cas de cette libération de carbone. ScienceMag explique :

«La disparition de la couche de glace en Arctique, qui polarise l’attention des médias scientifiques, est un effet du changement climatique provoqué par les humains. En revanche, la fonte du sol glacé, oupermafrost, peut conduire au réchauffement climatique. Alors qu’elle fond, des microbes consommes le carbone qui y était auparavant enfermé, et libèrent au passage du dioxyde de carbone—un puissant gaz à effet de serre. Le dioxyde de carbone amplifie le pouvoir de réchauffement de la pollution carbone dans un cercle vicieux».

Sur Slate, Michel Alberganti précisait en janvier dernier:

«Pour l’instant, si l’on suit bien les climatologues du Giec, c’est essentiellement aux émissions de CO2 provoquées par les activités industrielles de l’homme que l’on doit la vague de chaleur qui saisit la planète.

Or, il ne s’agit peut-être que d’un simple pétard d’amorçage de la véritable bombe climatique à venir: le méthane. La digestion des ruminants et, surtout, les activités humaines en produisent une quantité qui a sensiblement augmenté au cours de l’ère industrielle. Mais le véritable problème vient du «gisement» naturel de méthane enfoui dans les sols gelés de la Sibérie ou du nord du Canada et sous les océans.

Des milliards de milliards de végétaux et d’organismes vivants ont été piégés par la glace pendant des dizaines de milliers d’années dans le sol gelé, le permafrost (ou pergélisol en français), comme le note le journaliste Justin Gillis dans le New York Times du 16 décembre 2011. Or, avec le réchauffement climatique en cours, ce carbone «fossile» pourrait se transformer en gaz carbonique et en méthane sous l’action de bactéries et de microbes…

Un second «effet Kiss Cool» pouvant provoquer une sorte de réaction en chaîne: le CO2 réchauffe assez l’atmosphère, la terre et les mers, pour que des bulles de méthane soient libérées dans l’atmosphère; ces bulles accélèrent encore le réchauffement; cette chaleur provoque l’émission de toujours plus de méthane, etc…»

ScienceMag précise néanmoins que les scientifiques ont des difficultés à quantifier cette menace. Notamment parce qu’il s’agit d’études sur des territoires immenses et assez difficiles d’accès et que les informations procurées par les satellites sont loin d’être suffisantes.

Charlotte Pudlowski journaliste, créatrice et rédactrice en chef du podcast Transfert

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