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Le sperme français de moins bonne qualité

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 06.12.2012 à 9 h 02

Woody Allen en spermatozoïde dans "Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe..."

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Véritable inquiétude nationale, la qualité et la quantité du sperme français viennent d’être à nouveau scrutées par une étude scientifique de l'Institut de veille sanitaire français (InVS) relatée par le site de la BBC. C'est le plus gros échantillon d'hommes français étudiés, portant sur la semence de 26.600 individus.

Dans la revue Human Reproduction, l'équipe montre qu'entre 1989 et 2005, le nombre de millions de spermatozoïdes par millilitre a chuté de 32,3%. Autre mauvaise nouvelle, le nombre de spermatozoïdes de forme normale chute également de 33,4% sur la même période.

«A ma connaissance, il s’agit de la première étude qui conclut à une baisse importante et générale de la concentration et de la qualité du sperme à l’échelle de tout un pays et sur une durée substantielle», déclare le Dr Joelle Le Moal, l'une des auteurs de l’étude.

Les résultats constituent «un avertissement sérieux en matière de santé publique», poursuit-elle, bien que le niveau de millions par millilitre de sperme, qui passe de 73,6 à 49,9, est encore loin du seuil jugé proche de l’infertilité par les chercheurs, autour de 15 millions.

L’étude va être versée au dossier controversé de la baisse de la quantité et de la qualité du sperme en France. Plusieurs études soutenant que cette baisse existe ou qu’au contraire la production se maintient ont été publiées ces dernières années.

Trois études françaises menées à partir des données recueillies par les Centres d’étude et de conservation des oeufs et du sperme humains (Cecos), ont abouti à des résultats différents selon les régions étudiées, précisait Jean-Yves Nau sur Slate.fr.

«Sans résultats scientifiquement bien convaincants, [on a accusé tour à tour] les rayonnements ionisants, les augmentations répétées de la température du scrotum, le stress sous toutes ses formes sont aussi à l’étude, […] certains “styles de vie”, le surpoids, l’exposition au tabac ou à l’alcool durant la vie intra-utérine des fœtus mâles. Sont aussi scrutés à la lunette épidémiologique le bisphénol A, les phtalates, les retardateurs de flamme polybromés, les composés perfluorés et autres parabènes.»

Une étude de l’université de Manchester publiée en juin 2012, qui comparait un échantillon d’hommes dont les spermes étaient de mauvaise qualité à un autre groupe dont les spermes étaient normaux, n’a pas trouvé de corrélation entre la consommation d’alcool, de tabac et la qualité du sperme... En revanche, porter un caleçon lâche au lieu d’un slip moulant pourrait améliorer les niveaux de quantité de sperme. 

Mise à jour du 6 décembre à 9h00: la première version de cet article attribuait à tort l'étude à une équipe britannique. Il s'agit en réalité d'une étude menée par l'Institut de veille sanitaire français.

Jean-Laurent Cassely
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Journaliste
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