France

Paris: Adieu les DS, 2CV et autres 4L

Slate.fr, mis à jour le 01.12.2012 à 1 h 27

Affiche publicitaire de 1974 de la Renault 4  Casafree

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En voulant bannir des rues de Paris les voitures de plus de 17 ans, Bertrand Delanoë, le Maire de Paris, a provoqué la colère des associations d'automobilistes, de ceux qui lui reprochent de faire de la ségrégation sociale et du monde des collectionneurs de voitures anciennes, nostalgiques des populaires DS, 2CV, 4L et autres 404 et 504.

Curiseusement, aux Etats-Unis et en Angleterre on regrette aussi avec nostalgie la disparition programmée des rues de Paris de symboles de la voiture française et d'un mode de vie idéalisé d'une France insouciante des Trente Glorieuses et des congés payés,

Ainsi, le New York Times souligne que les opposants au Maire de Paris soulignent «qu'il fait tout ce qu'il peut, dans ces dernières années de fonction, pour décourager la conduite automobile dans sa ville». Parmi les opposants les plus remontés figurent logiquement les collectionneurs qui craignent de ne plus pouvoir faire circuler de temps à autre leur vieille voiture dans les rues de Paris. «Pour moi la 2CV fait partie de l'héritage français, de l'héritage parisien», explique Xavier Audran qui vit dans le 20ème arrondissement au quotidien américain. Il possède une Citroën CX et plusieurs Citroën 2CV qui seraient interdites de circulation si la nouvelle réglementation voulue par la Mairie de Paris entre en vigueur. «Je n'aurais tout simplement plus le droit de quitter mon domicile avec mes voitures»… «Le Maire de Paris parie qu'un jour les gens seront tellement écoeurés qu'ils n'utiliseront plus leur voiture. Le problème, c'est qu'il a complétement tort», déclare Pierre Chasseray, le directeur générale de l'Association 40 millions d'automobilistes.

Dans la même veine, le tabloïd New York Daily News explique que la Mairie de Paris a décidé de faire «de la ville lumière un terrain de jeu pour les riches». Le Telegraph va encore plus loin et écrit que la Mairie de Paris est accusée d'être à la fois «anti-sociale, anti-banlieue et anti-automobile»… au moment même ou l'industrie automobile française traverse une des plus graves crises de son histoire s'interroge sur son avenir. Les critiques de Bertrand Delanoë «affirment qu'il ne s'attaque pas au vrai problème de pollution automobile en France: la trop grande utilisation des moteurs diesel qui émettent trois fois plus de particules fines dangereuses pour la santé que les moteurs à essence… Dans le même temps, les voitures de plus de 17 ans ne représentent que 3% des 4,5 millions de véhicules qui circulent en région parisienne».

Un Conseil des ministres se prononcera en janvier 2013 sur les propositions de la Mairie de Paris pour réduire la pollution automobile, les baisses de vitesse dans certaines zones et donc le bannissement des voitures anciennes. «Dans une ville aussi dense que Paris, la voiture ne peut pas être le mode de transport favorisé», explique Julien Bargenton, le maire-adjoint responsable des questions de transport. «Il y a de la place pour les voitures dans la ville de demain, mais elles ne peuvent prendre tout l'espace, comme aujourd'hui, même si 60% des Parisiens ne possèdent pas de voiture».

D'autres grandes villes ont déjà mis en place des restrictions de circulation comme Berlin qui a interdit la présence en centre ville des véhicules diesel qui ne respectent pas les normes d'émission de 2005.

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