Monde

DSK-Diallo: un accord à l'amiable de 6 millions de dollars annoncé

Slate.fr, mis à jour le 30.11.2012 à 12 h 15

Dominique Strauss-Kahn sur TF1 le 18 septembre 2011. REUTERS/Francois Guillot/Pool

Dominique Strauss-Kahn sur TF1 le 18 septembre 2011. REUTERS/Francois Guillot/Pool

Il n'y aura sans doute pas de procès civil entre Dominique Strauss-Kahn, 63 ans, et Nafissatou Diallo, 33 ans, la femme de chambre qui accuse l'ancien directeur du FMI (Fonds monétaire international) de tentative de viol et d'agression sexuelle à New York. Les deux parties, qui négocient depuis plusieurs semaines, seraient parvenues à un accord de principe sur un dédommagement financier selon le New York Times, même si rien n'est encore signé toujours selon le quotidien américain.

Le New York Times, qui ne donne pas de détails sur la transaction et s'appuie sur des sources ayant accès au dossier, précise que les deux parties devraient se rendre la semaine prochaine devant le juge Douglas McKeon, en charge de l'affaire au tribunal du Bronx, pour lui faire part de leur accord amiable et mettre ainsi fin à la procédure et à une sordide saga qui dure depuis 18 mois. D'après les informations du Monde, DSK devrait verser 6 millions de dollars (4,64 millions d'euros) à Nafissatou Diallo. Il aurait confié à ses amis qu'il devrait pour cela contracter un emprunt bancaire de 3 millions de dollars, et que son épouse Anne Sinclair, dont il vit séparé depuis plusieurs mois, devrait lui prêter les 3 millions restant.

Nafissatou Diallo a porté plainte au civil contre DSK le 8 août 2011 pour une «attaque violente et sadique», en parallèle d'une procédure pénale qui elle a été abandonnée. La femme de chambre accuse l'ancien ministre socialiste de l'avoir sexuellement agressée et d'avoir tenté de la violer dans sa suite du Sofitel le 14 mai 2011.

La procédure pénale engagée après l'agression supposée a été annulée quelques semaines plus tard, le 23 août 2011: le dossier de l'accusation s'est effondré, le procureur ayant des doutes sur la crédibilité du témoignage de Nafissatou Diallo, en raison d'incohérences et de contradictions, ainsi que de mensonges sur certains aspects de sa vie. La crédibilité des témoins –surtout dans un procès parole contre parole– est cruciale dans le système pénal américain. C’est au procureur de prouver la culpabilité de l’accusé «au-delà d’un doute raisonnable», sans quoi le jury ne peut pas juger (à l'unanimité) l’accusé coupable. 

Le juge Douglas McKeon avait refusé le 1er mai dernier de classer la plainte de Nafissatou Diallo, comme l'avaient demandé les avocats de l'ancien patron du FMI en raison de son immunité diplomatique au moment des faits. Les défenseurs de DSK avaient depuis à nouveau demandé le rejet de la plainte pour d'autres raisons juridiques et le juge ne s'était pas encore prononcé. Les avocats de Nafissatou Diallo avaient promis de faire témoigner d'autres femmes «victimes» d'agressions sexuelles de la part de Dominique Strauss-Kahn. Le juge McKeon était partisan d'un accord négocié, fréquent dans les procédures civiles, pour «éviter un long et pénible spectacle». DSK a toujours affirmé que sa relation sexuelle avec Nafissatou Diallo était «mutuellement consentie».

Dans son interview au 20h de TF1 en septembre 2011, il assurait que ce qui s'était passé entre lui et la femme de chambre ne comprenait «ni violence, ni contrainte, ni agression, ni aucun acte délictueux. C’est le procureur qui le dit, ce n’est pas moi».

Le procureur n'avait pas exactement dit ça. Le rapport du ministère public américain estimait impossible de savoir si la relation sexuelle était consentie ou pas, vu que le témoignage de Nafissatou Diallo ne pouvait pas être utilisé pour confirmer ou infirmer les autres éléments (heure d’utilisation des pass de l’hôtel, heure de l’appel téléphonique de DSK à sa fille, etc), même s'il relevait le manque de probabilité qu’une relation sexuelle consentie ait pu avoir lieu en 7 à 9 minutes.

L'ancien président du FMI est par ailleurs mis en examen en France dans l'affaire dite du Carlton avec huit autres personnes. Elle porte sur l'organisation de soirées libertines avec des prostituées financée par une grande entreprise de BTP, Eiffage. Les avocats de DSK ont demandé la nullité de la totalité de la procédure et l'annulation de la mise en examen de leur client pour proxénétisme aggravé en bande organisée. La justice française doit se prononcer le 19 décembre.

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