France

Crise à l'UMP: un groupe parlementaire coupé en deux, un ultimatum qui fait pschitt et une situation... totalement bloquée

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 28.11.2012 à 19 h 04

Nathalie Kosciusko-Morizet à l'Assemblée nationale le 28 novembre 2012. REUTERS/Charles Platiau.

Nathalie Kosciusko-Morizet à l'Assemblée nationale le 28 novembre 2012. REUTERS/Charles Platiau.

Quand nous vous avons laissé mardi soir avec notre désormais traditionnel récapitulatif quotidien de la crise à l'UMP, les choses semblaient aller dans la bonne voie: Jean-François Copé acceptait même le principe d'un référendum sur la tenue d'un nouveau vote. Mais ce mercredi 28 novembre, dixième jour de crise, tout va de nouveau mal.

François Fillon, après avoir déposé les statuts de son groupe Rassemblement-UMP (R-UMP) à l'Assemblée mardi soir, les a fait publier mercredi au Journal officiel. Le groupe, qu'il préside, compte 68 députés, qui ont décidé de rester financièrement rattachés à l'UMP. Pour l'ancien Premier ministre, la sortie de crise «doit passer par un nouveau vote» des militants, affirmait-il dans un communiqué mercredi matin.

Les non-alignés... et anciens ministres Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire ont lancé un ultimatum dans la matinée à François Fillon, lui demandant de retirer son groupe dissident avant 15 heures mercredi. Ils souhaitent un référendum sur le vote des militants et leur appel a été signé par 67 députés, dont Le Nouvel Obs publie la liste.

L'ancien président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer, Benoist Apparu et Xavier Bertrand font partie des signataires. Pour ce dernier, «il nous faut revoter et quand je dis revoter, je pense que la question du référendum doit être dépassée»

Mais l'ancien Premier ministre n'a pas cédé... Et l'ultimatum a expiré.

Pour Jean-François Copé, apprenant la publication officielle du groupe filloniste à l'Assemblée, «la ligne rouge a été franchie, il faut en tirer les conséquences». Les conséquences? «Les conditions [pour un référendum interne] ne sont pas réunies.»

Michèle Tabarot, sa numéro 2, a sifflé la fin des négociations, le clan Copé se frottant les mains puisque le non-respect de l'ultimatum des non-alignés par Fillon fait passer ce dernier pour le jusqu'au-boutiste qui aura divisé sa famille politique:

«François Fillon n’a pas saisi cette proposition à la fois de Jean-François Copé, mais également de Bruno Le Maire, de Nathalie Kosciusko-Morizet, de parlementaires non alignés. Et bien maintenant nous arrêtons, nous nous mettons au travail.»

Et le président mal élu de l'UMP a souhaité prendre de la hauteur en se rappelant soudain que sa famille politique était conçue pour se battre contre... la gauche. «Désormais, je ne vais plus être que le premier opposant à François Hollande», a-t-il lancé sur Europe 1.

Pour lire une synthèse sérieuse des précédents épisodes, c'est ici.

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Jean-Laurent Cassely
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