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Erik Izraelewicz, directeur de la rédaction du Monde, est mort

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 28.11.2012 à 9 h 30

Erik Izraelewicz par Raphael Labbé - Leafar via Wikipedia License CC.

Erik Izraelewicz par Raphael Labbé - Leafar via Wikipedia License CC.

Erik Izraelewicz avait 58 ans et une brillante carrière derrière lui. Le directeur de la rédaction du Monde est mort ce mardi à Paris, a annoncé Le Parisien dans la soirée.

Frappé d'une crise cardiaque en fin d'après-midi au siège du journal, dans le XIIIe arrondissement, «il a été transporté dans un état grave dans une ambulance à l'hôpital mais les secours ne sont pas parvenus à le réanimer».

Ce journaliste né à Strasbourg, sorti d'HEC à 22 ans, docteur en économie à 25, avait entamé sa carrière à l'Expansion avant de poursuivre dans diverses rubriques économiques et d'entrer au Monde en 1986. Après des postes prestigieux (chef du service Economie, correspondant à New York puis rédacteur en chef) il quitte le quotidien du soir pour les Echos puis La Tribune dont il prend successivement la direction:
«C’était un directeur de la rédaction très professionnel et très travailleur qui suivait le journal de A à Z, avait confié un journaliste de la Tribune en 2011 à Libération. Il pouvait parfois être colérique, mais d’une grande sensibilité.»

Quand il revient au Monde en 2011, c'est pour en prendre les rênes. «Un goût de retour de fils prodigue», écrivait alors Libération.

Le conseil de surveillance du groupe l'avait nommé début février 2011, quelques jours plus tard l'assemblée générale de la Société des rédacteurs du Monde (SRM) validait massivement sa nomination.

Le nouveau directeur devait renforcer le rapprochement entre les équipes web et papier, permettre au journal d'affronter la crise de la presse.

Il y a une dizaine de jours, mi-novembre, lors de la présentation d'une nouvelle formule du quotidien, il se disait confiant: «Le journal papier a un avenir à condition qu'il se transforme, qu'il devienne le segment le plus haut de gamme de notre offre», assurait-il à l'AFP.

Ce mardi Télérama, qui appartient au groupe Le Monde, établissait un rapide bilan de son héritage:

«Le directeur de la rédaction a su pacifier une rédaction meurtrie par ses combats internes, et renforcer considérablement la partie “économie” du journal. Effacé, Erik Izraelewicz a cependant eu du mal, pendant ces presque deux ans, à s’imposer face à une rédaction qui lui reconnaissait ses qualités de journaliste, mais lui reprochait son manque d’autorité.»

Dans la nuit de mardi à mercredi, le site du Monde a publié quelques mots de Louis Dreyfus, président du directoire du groupe, à l'adresse des salariés, disant notamment à quel point la mort d'Erik Izraelewicz représentait une immense perte «pour le journal, pour notre collectivité et plus largement pour la profession», ajoutant: 

«Erik faisait partie de ces rares professionnels qui savaient allier professionnalisme, talent, indépendance et rigueur. En plus de toutes ses qualités, il avait une rare capacité d'écoute et un sens de l'humour qui rendait notre quotidien plus léger. C'est aujourd'hui un ami que nous perdons».

L'équipe de Slate adresse ses chaleureuses pensées à ses confrères du Monde.

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (740 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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