Un leader d'extrême droite hongrois propose de créer une liste des juifs

Parade de la garde hongroise Jobbik, en 2007. REUTERS/Laszlo Balogh

Marton Gyongyosi, le leader du groupe parlementaire du parti d’extrême droite hongrois Jobbik, troisième force politique du pays, a demandé au gouvernement de créer une liste des juifs qui présentent un «risque pour la sécurité nationale», incluant notamment des membres du parlement, en réponse aux tensions qui ont suivi le conflit à Gaza, rapporte Reuters.

La déclaration de Gyongyosi est intervenue après que le ministre des Affaires étrangères, Zsolt Nemeth, a affirmé que Budapest était en faveur d’une solution pacifique au conflit israélo-palestinien, qui satisfasse à la fois les Israéliens d’origine hongroise, les juifs hongrois et les Palestiniens de Hongrie. En réponse, le leader de Jobbik a estimé que Nemeth s’était «empressé de faire allégeance à Israël» selon Hungary.hu, et a déclaré devant le parlement lundi 26 novembre:

«Je sais combien de personnes avec des ascendances hongroises vivent en Israël, et combien de juifs israéliens vivent en Hongrie. Je pense qu’un tel conflit est l’occasion de recenser les personnes qui ont des ancêtres juifs qui vivent ici, particulièrement au parlement hongrois et dans le gouvernement hongrois, et qui posent un risque de sécurité nationale à la Hongrie.»

Les opposants condamnent fréquemment les sorties populistes, antisémites et anti-Rom du parti de Gyongyosi, mais Jobbik n’avait jusqu’à maintenant jamais appelé à la création d’une liste de juifs.

Gusztav Zoltai, le président de l’Association de la congrégation des juifs hongrois, a rapidement  réagi:

«Je suis un survivant de l’Holocauste. Pour des gens comme moi, cela génère de vives peurs, même s’il est clair que cela ne sert qu’un objectif politique. C’est la honte de l’Europe, c’est la honte du monde.»

Le gouvernement hongrois a condamné la déclaration, affirmant qu’il prenait «les mesures les plus strictes possibles contre toute forme de comportement raciste ou antisémite», et qu’il faisait «tout pour s’assurer que les voix malveillantes incompatibles avec les normes européennes soient repoussées», rapporte la BBC.

Gyongyosi s’est excusé et a tenté de minimiser ses paroles, affirmant qu’il voulait parler des citoyens ayant la double nationalité israélienne et hongroise, et affirmant que ses propos avaient été mal compris.

Reuters rappelle qu’entre 500.000 et 600.000 juifs hongrois sont morts pendant l’Holocauste. Selon certains calculs, un tiers des juifs tués à Auschwitz étaient des Hongrois. Le parti Jobbik, créé en 2003, a remporté 16,67% des suffrages au premier tour des législatives de 2010, et obtenu 47 sièges au parlement.

Photo: Parade de la garde hongroise Jobbik, en 2007. REUTERS/Laszlo Balogh
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Publié le 27/11/2012
Mis à jour le 27/11/2012 à 15h34