Monde

Cartels, violences: une lueur d'espoir au Mexique?

France Ortelli, mis à jour le 27.11.2012 à 16 h 09

Une scène de crime à Ciudad Juarez, en janvier 2010. REUTERS/Alejandro Bringas

Une scène de crime à Ciudad Juarez, en janvier 2010. REUTERS/Alejandro Bringas

Le taux d’homicide, qui a augmenté de façon exponentielle au Mexique ces cinq dernières années, est peut-être en train de se stabiliser, comme l’explique The Economist dans un article publié le 24 novembre.

Entre 2007, date du début de l’investiture du président Felipe Calderon et de son annonce de «la guerre aux narcotrafiquants» et 2011, la situation a largement empiré en termes d’insécurité dans les grandes villes, souligne The Economist :

«Il y a cinq ans, le Mexique était un des pays les plus doux d’Amérique latine, avec un taux d’homicide de 9 pour 100.000 habitants, pas tellement plus que dans le sud des Etats-Unis. Mais depuis, le nombre de meurtres a plus que doublé, allant de pair avec une hausse des vols, des extorsions et des enlèvements.»

Cette augmentation soudaine du nombre de morts est le résultat de la guerre que se livrent entre eux les cartels de la drogue, dont les tristes règlements de compte sont autant d’images insoutenables diffusées sur les réseaux et dans la presse. On se souvient par exemple en juin 2010, que plus de 300 personnes avaient trouvé la mort à Ciudad Juarez, ville la plus dangereuse Mexique.

Pour l'année 2012, néanmoins, le nombre de meurtre semble se stabiliser. The Economist annonce une baisse de 7% du nombre de morts sur les neuf premiers mois de 2012 par rapport à 2011:

«A Ciudad Juarez, les gens peuvent à nouveau rouler avec la vitre ouverte et manger des burritos sur le trottoir. De nombreux chef “mafiosi” ont été captures ou tués. Sur les 37 personnes recherchées de la liste établie en 2009, seulement 12 d’entre eux sont encore en liberté.» 

Mais selon The Economist, le problème réside maintenant dans la nature de la violence, les gros gangsters ayant été remplacés par des petites crapules:

«A Acapulco, des criminels très puissants mais relativement pacifiques ont été remplacés par des petits gangs volatiles.»

La mort de Maria Santos Gorrosieta

Le constat de The Economist sur la stabilisation de la violence tombe alors que la semaine dernière, Maria Santos Gorrosieta, 36 ans et figure de la lutte anti-cartels, était assassinée.

L’ex-maire de Tiquicheo, une petite ville éloignée dans l’état mexicain de Michoacán de Ocampo où sont situées des terres agricoles sous le contrôle des cartels, a été retrouvée morte dans un fossé, après avoir été enlevée sous les yeux de sa fille, battue, poignardée, brûlée et torturée.

Déjà victime de deux tentatives d’enlèvement loupées, dont l’une d'elle avait causé la mort de son mari en octobre 2009, elle continuait à se battre et à revendiquer son combat contre l’injustice, exhibant en public les nombreuses cicatrices dont elle avait été victime.

France Ortelli
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