Monde

L'administration Obama voulait rapidement codifier l'usage des drones en cas de défaite

Temps de lecture : 2 min

Un drone Predator en Turquie, le 24 septembre 2011. REUTERS/Ho New.
Un drone Predator en Turquie, le 24 septembre 2011. REUTERS/Ho New.

Selon le New York Times, l’administration Obama avait accéléré la rédaction, au cas où le président démocrate ne serait pas reconduit pour un second mandat, de «règles explicites» sur le déploiement des drones, afin que Mitt Romney «hérite de normes et de procédures claires» concernant ces appareils qui ont procédé à plus de 300 frappes et tué 2.500 personnes depuis janvier 2009.

Ce document est «si hautement classifié» qu’il ne se transmet que de la main à la main plutôt que par e-mail, et sa rédaction a commencé à l’été dernier, après la révélation de l’implication personnelle de Barack Obama dans les attaques de drones.

L’objectif: laisser des «leviers» de commande à la Maison Blanche, selon un officiel haut placé. Les nouvelles règles en sont encore au stade de l’écriture, mais maintenant qu’Obama s’est fait élire pour quatre années supplémentaires à la Maison Blanche, elles seront «terminées à un rythme tranquille», souligne le Times.

Un processus qui s’est déroulé sur fond de tensions entre le département de la Défense et la CIA, favorable à une large utilisation des drones, et le département d’Etat et le ministère de la Justice, qui penchent pour un usage plus restreint. Des divergences que reflète la nature diverse des cibles, qui ont pu être des individus précisément identifiés ou des groupes, des terroristes présumés ou des militants islamistes en lutte contre les autorités pakistanaises, l’armée américaine en Afghanistan ou les forces militaires yéménites.

Les Nations unies ont annoncé en octobre dernier la création début 2013 d’une unité qui aura pour but d’enquêter sur les attaques de drones, notamment par crainte que les Etats-Unis soient en train de créer un précédent pour les autres pays, rapportait à l’époque le Washington Post.

Ben Emmerson, le rapporteur spécial sur la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste, avait annoncé la création de l’équipe d’investigation lors d’un discours à Harvard:

«L’administration Obama continue à adopter formellement la position selon laquelle elle ne veut ni confirmer ni nier l’existence du programme de drones.»

En savoir plus:

Jean-Marie Pottier Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).

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