«Bibi le loser»: la photo virale de soldats israéliens en colère après l'arrêt des opérations à Gaza

Pour quelqu'un qui ne parle pas l'hébreu, la photo de groupe de soldats israéliens publiée ci-dessous paraîtra simplement bizarre, mais elle constitue en réalité une attaque violente de la politique de Benjamin Netanyahou: les seize hommes se sont en effet positionnés de façon à dessiner les mots hébreux signifiant «Bibi le loser», pour marquer leur déception face à la volonté du Premier ministre de ne pas lancer une offensive terrestre à Gaza.

Le Times of Israel, qui raconte l’affaire, affirme que le porte-parolat de l’armée israélienne a expliqué, jeudi 22 novembre, étudier le dossier, les soldats étant tenus à un devoir de réserve.

Selon le quotidien, cette «critique physique habile […] a été postée et repostée sur de nombreuses pages Facebook, recevant plus de 3.000 "likes" et 400 "shares" sur une seule d’entre elles trois heures après y avoir été postée. Beaucoup de commentateurs ont estimé que les soldats devraient être traduits devant la cour martiale; beaucoup d’autres ont exprimé leur sympathie pour leur frustration évidente».

L’agence italienne AnsaMed explique que la photo est devenue très vite virale du fait de la mobilisation de la «droitosphère», de la même façon que la tendance opposée avait moqué le discours de Netanyahou devant les Nations Unies le 27 septembre, «au cours duquel il avait utilisé un dessin pour illustrer le péril nucléaire iranien».

Yori Yanover, de l’hebdomadaire américain conservateur The Jewish Press, explique que la phrase dessinée par les soldats «est grammaticalement incomplète, et que l’utilisation de lettres hébraïques pour former une expression anglophone est discutable, mais la clarté de leur message ne fait aucun doute. Ils m’ont ôté les mots de la bouche».

Le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza est en vigueur depuis mercredi soir, après une semaine de frappes aériennes au cours de laquelle l’opération «Pilier de défense» a fait 163 morts chez les Palestiniens, tandis que cinq Israéliens ont péri du fait de tirs de roquettes sur le sud d’Israël. Selon un sondage publié par le quotidien Maariv et relayé par l’AFP, 49% des Israéliens estiment que le gouvernement aurait dû laisser l'armée poursuivre les opérations militaire.