France

Nicolas Sarkozy aux juges: «M'imaginer profiter de la faiblesse d'une vieille dame…»

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 24.11.2012 à 9 h 42

Nicolas Sarkozy après son audition au Palais de justice de Bordeaux, le 22 novembre 2012. REUTERS/Régis Duvignau.

Nicolas Sarkozy après son audition au Palais de justice de Bordeaux, le 22 novembre 2012. REUTERS/Régis Duvignau.

Le quotidien Sud-Ouest publie, samedi 24 novembre, des extraits du procès-verbal de 32 pages de l’audition de Nicolas Sarkozy par les juges Gentil, Ramonatxo et Noël, qui l’ont placé jeudi sous statut de témoin assisté dans le cadre de l’affaire Bettencourt.

L’ancien président de la République y explique n’avoir le souvenir, en quinze ans, «que d'un dîner chez les Bettencourt». Il justifie également ses rendez-vous avec André Bettencourt le 24 février 2007 («Il était logique que je passe le remercier», l’ancien parlementaire de centre-droit l’ayant félicité pour son investiture comme candidat UMP) et avec Liliane Bettencourt le 5 novembre 2008 (qu’il affirme avoir rencontrée dans le cadre de ses fonctions de président —justiciable seulement devant la Haute Cour— concernant le litige avec sa fille, et dont il dément qu’elle lui a a dit ce jour-là l’avoir «toujours aidé»). Il explique n’avoir alors distingué «aucun signe apparent» de vulnérabilité chez la milliardaire.

Sur la question plus précise du financement de sa campagne 2007, Nicolas Sarkozy clame l’existence d’un «fossé infranchissable» entre lui et Claude Guéant et Eric Woerth, chargés de la gestion en tant que directeur de campagne et trésorier. «Quel est l'élément factuel concordant grave qui peut me mettre en cause?», s’interroge-t-il à propos de la remise présumée de 150.000 euros à Eric Woerth par Patrice de Maistre, l’homme de confiance de Liliane Bettencourt.

En conclusion de son audition, Nicolas Sarkozy a fait part aux juges de «l’épreuve» que représentait ce moment pour lui:

«Je comprends votre démarche mais ce n'est pas facile. M'imaginer profiter de la faiblesse d'une vieille dame… Je connais les Bettencourt depuis que j'ai 28 ans. J'en ai 57. J'ai fait cinq campagnes municipales. Ils ne m'ont jamais donné un sou et je ne leur ai jamais rien demandé. Je n'allais pas commencer à 52 ans comme président de la République.»

Les extraits publiés par Sud-Ouest ne font en revanche pas mention d’une confusion entre un rendez-vous avec la famille Bettencourt et un rendez-vous avec celle de l’otage Ingrid Betancourt, le 5 juin 2007. Révélée dans un premier temps par Le Figaro, celle-ci avait été confirmée vendredi matin par Thierry Herzog, l’avocat de l’ancien chef de l’Etat, sur Europe 1.

Mais vendredi soir, «à la demande des juges d’instruction», précise Le Parisien, le parquet de Bordeaux a démenti que ce point figurait sur la convocation de Nicolas Sarkozy ou qu’il ait été interrogé dessus.

Europe 1 explique de son côté que le juge Gentil, «fidèle à sa réputation: sec, précis et inflexible» et qui s’est adressé à l’ancien président en l’appelant «Monsieur Sarkozy», a simplement cherché «à vérifier l'objet [de] rendez-vous» notés dans l’agenda de l'ancien président sous les intitulés «Betancourt» et «Bettencourt».

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (943 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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