France

Sarkozy entendu, Hortefeux condamné, MAM visée par une plainte, Fillon et Copé acharnés: la folle journée de l'UMP

Cécile Dehesdin, mis à jour le 22.11.2012 à 17 h 48

Brice Hortefeux dans le 20'12

Brice Hortefeux dans le 20'12

Il y a des jours où il ne se passe rien dans la vie d'un parti. Et puis il y a des jours où:

1. Vous êtes en pleine déroute électorale interne

Cela fait maintenant quatre jours que François Fillon et Jean-François Copé se battent pour savoir qui des deux a remporté le poste de président du parti, avec l'aimable participation de la Cocoe, la Commission d'organisation et de contrôle des opérations électorales interne. Dernier rebondissement en date, la Cocoe a admis avoir oublié de compter les voix des adhérents de l'UMP des territoires d'Outre-mer, qui, vu comme les résultats sont serrés, suffiraient à faire basculer l'élection au profit de François Fillon, et non pas de Jean-François Copé comme ça avait d'abord été annoncé.

Copé a décidé de saisir la commission nationale des recours du parti (nous promettant ainsi de nombreuses mentions de la «Conare» après la «Cocoe»). Pas sûr que l'affaire s'arrête là, puisque François Fillon menaçait lui d'en référer à la justice. Alain Juppé se place au passage comme l'homme providentiel qui pourrait sortir le parti du chaos en proposant de présider une instance qui statuerait dans les 10 jours sur les résultats de l'élection. Et les copéistes assurent que «Jean-François Copé est prêt à accepter le verdict qui sera prononcé par Alain Juppé».

>> UMP = Côte d'Ivoire

2. Votre ancien président est chez le juge

Nicolas Sarkozy passe sa journée au tribunal de Bordeaux, entendu par le juge Gentil dans le cadre de son instruction des volets principaux de l'affaire Bettencourt. Le juge pourrait aller jusqu'à mettre en examen l'ancien président de l'UMP et de la France. Nicolas Sarkozy pourrait aussi devenir témoin assisté dans l'enquête (le témoin assisté est à mi-chemin entre le simple témoin –à qui on ne reproche rien mais qui a des informations et doit les transmettre– et le mis en examen –contre qui pèsent des «indices graves ou concordants»: c’est une personne soit mise en cause par un témoin, soit contre laquelle il existe des indices rendant «vraisemblable» qu’elle ait participé à la commission d’infractions dont le juge est saisi).

>> Lire notre chronologie du volet des soupçons de financement illégal de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy par la famille Bettencourt pour vous y retrouver

3. Votre vice-présidente est visée par une plainte

Des familles de militaires victimes du bombardement du camp français de Bouaké, en Côte d'Ivoire, en 2004, ont déposé plainte ce mercredi contre Michèle Alliot-Marie pour complicité d'assassinats, révèle Mediapart. La plainte, déposée auprès de la Cour de justice de la République, vise MAM parce qu'elle était ministre de la Défense au moment du bombardement par deux avions des forces loyalistes ivoiriennes d'un camp de l'armée française à Bouaké, où neuf militaires français et un civil américain étaient morts, et 38 soldats blessés.

Les familles des soldats accusent l'ancienne ministre d'entrave à la justice.

On saluera la une du jour de Sud Ouest, qui résume bien la situation:

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

 

4. Votre vice-président est condamné

Brice Hortefeux vient d'être condamné par le tribunal correctionnel de Paris à 5.000 euros d'amende avec sursis pour avoir menacé l'avocat de familles de victimes de l'attentat de Karachi rapporte l'AFP: dans un article du Nouvel Observateur de septembre 2011, l'ancien ministre de l'Intérieur déclarait que Maître Olivier Morice «devrait être fracassé».

D'après le journaliste Hervé Algalarondo, Brice Hortefeux s'était dit «écoeuré» par la «lâcheté des journalistes qui fracassent tous les amis de Sarkozy» alors que c'est l'avocat qui «devrait être fracassé». Le journaliste a dit à l'audience que Maître Morice avait mal interprété ces propos, et qu'Hortefeux sous-entendais que c'est par les journalistes que Morice devrait être «fracassé». Mais les juges ont estimé que «le propos constitue bien un acte d'intimidation en raison de la violence du terme employé, au surplus par une personne haut placée».

>> Voir les autres plaintes en cours contre Brice Hortefeux dans le cadre de l'affaire Takieddine

Une seule conclusion possible:

Cécile Dehesdin
Cécile Dehesdin (610 articles)
Rédactrice en chef adjointe
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