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L'ironie, grave «maladie» des jeunes hipsters blancs américains?

Laure Beaulieu, mis à jour le 19.11.2012 à 12 h 46

Hipsters/ craigfinlay via Flickr CC Licence By

Hipsters/ craigfinlay via Flickr CC Licence By

Un billet de Christy Wampole, professeure de français à Princeton, fait beaucoup parler de lui outre-Atlantique.

Publiée dans le New York Times, sa tribune «Comment vivre sans ironie», est une attaque virulente contre les hipsters. 

«Pour beaucoup d'Américains nés dans les années 80 et 90 particulièrement parmi les caucasiens de la classe moyenne –membres de la Génération Y ou Millennials– l'ironie est le trait principal qui dicte leur vie quotidienne.»

Selon elle, «Vivre ironiquement c'est se cacher en public. C'est (...) une forme de subterfuge, qui signifie étymologiquement "fuir secrètement"».

Christy Wampole préconise de sortir de cette culture de l'ironie. Pour vivre autrement, les hipsters de la génération Y devraient selon elle «dire ce qu'ils pensent, penser ce qu'ils disent et considérer, malgré les risques inhérents, le sérieux et la franchise comme des possibilités d'expression.»

Les réactions à ce billet se sont multipliées. Big Think s'interroge sur la partie de la population réellement touchée par cette «maladie de l'ironie».

«Sur les 80 millions de personnes environ de la génération Y, environ 48 millions sont blancs; parmi eux, plus de la moitié appartiennent à la classe moyenne. Donc, 25 millions d'Américains sont perdus dans le brouillard de l'ironie? Ne peut-on pas parler d'une ironie afro-américaine? Et n'y-a-t-il pas d'ironie des pauvres et des riches?»

Par ailleurs, le site américain critique les solutions avancées par Christy Wampole pour sortir la génération Y du malheur de l'ironie et considère que l'auteur devrait proposer une autre solution.

«Une meilleure approche serait d'être moralisateur dans un autre sens et de conseiller vivement aux jeunes de développer et de poursuivre des idéaux, en s'engageant dans leur communauté, en faisant du volontariat ou en s'engageant dans des mouvements sociaux et politiques constructifs.»

Pour Robin Marantz Henig de Psychology Today, l'argumentaire de Christy Wampole est un exemple de: «généralisations fausses sur les générations. Faire entrer des générations entières dans un stéréotype facile mène, presque par définition, à des déclarations qui sont trop larges, trop radicales et qui, à la fin, induisent en erreur et n'apprennent rien.»

Le site américain Hypervocal rappelle lui que «tous les amateurs d'ironie ne sont pas des hipsters, et que l'on peut être ironique dans le contexte d'une vie sincère et qui a du sens. On pourrait aussi renvoyer à la longue et célèbre histoire de l'ironie d'avant les hipsters.»

Laure Beaulieu
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