Monde

Les perdants de la crise tentent leur chance en Allemagne

Annabelle Georgen, mis à jour le 18.11.2012 à 8 h 41

Abflug | Departure - Ankunft | Arrival / onnola via FlickrCC Licence by

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Avec la crise, de plus en plus de travailleurs européens font le choix de s'installer en Allemagne en espérant de décrocher un emploi que leur propre pays ne peut plus leur offrir. La plupart d'entre eux viennent des pays du Sud de l'Europe.

Selon le dernier bilan de l'Institut statistique fédéral allemand, Destatis, 501.000 étrangers se sont installés en Allemagne, parmi lesquels 306.000 citoyens de l'Union européenne, pendant le premier semestre 2012, soit 15% de plus que l'an dernier à la même période, et près d'un quart de plus si l'on ne prend en compte que les migrations à l'intérieur de l'UE.

Comme le fait remarquer l'hebdomadaire Die Zeit, ce sont les arrivées de citoyens grecs, espagnols et portugais qui ont enregistré la plus forte hausse par rapport à l'année précédente: 15.838 Grecs (soit 78,2% de plus en comparaison avec le premier semestre 2011), 11.129 Espagnols (+53,4%) ont quitté leur pays en 2012 et 5.776 Portugais (+53%).

Comme Slate l'expliquait en mai dernier, face à cette arrivée massive de demandeurs d'emploi, le gouvernement allemand avait paniqué et réformé les conditions d'attribution du Hartz IV, l'équivalent du RSA en Allemagne, imposant désormais aux citoyens de l'UE un délai de carence de trois mois à compter de la date de leur arrivée en Allemagne.

Même si les prévisions de croissance ne lui sont pas favorables dans les mois à venir –son taux de croissance actuel atteint péniblement les 0,2%, l'Allemagne devrait pourtant se réjouir de l'arrivée de cette nouvelle main d'oeuvre, estime le conseiller gouvernemental Clemens Fuest dans une interview au Spiegel:

«C'est le principe d'une union monétaire que les gens aient le droit de circuler. Et l'Allemagne devrait beaucoup s'en réjouir. Les arrivées actuelles de citoyens des pays en crise renforcent notre économie. […] Les profils [professionnels] ne conviennent pas toujours à 100%. Mais l'expérience de la Grande-Bretagne lors de l'élargissement de l'UE vers l'Est –quand le pays, à l'inverse de l'Allemagne, a ouvert son marché du travail– montre que ce sont avant tout des personnes jeunes et performantes qui déménagent. Ce sont des gens qui apportent une très bonne contribution et qui sont prêts à apprendre et à s'adapter. Le gouvernement devrait faire savoir que ces personnes sont les bienvenues.»

Mais comme l'indique le FAZ, la grande majorité des nouveaux arrivants restent les citoyens d'Europe de l'Est, Pologne en tête avec 88.800 arrivées (+14,2%). Le nombre de migrants turcs est lui en revanche en recul de 3%, avec 12.500 arrivées.

Annabelle Georgen
Annabelle Georgen (343 articles)
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